Home Accueil Petit-fils, l’un des leaders de la grève de février, rend hommage à son grand-père en ne se rendant pas à la commémoration

Petit-fils, l’un des leaders de la grève de février, rend hommage à son grand-père en ne se rendant pas à la commémoration

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Publié le 25 février 2026 à 08h36. Un petit-fils choisit de ne pas participer aux commémorations de la grève de février 1941 à Amsterdam, afin de ne pas voir l’héritage de son grand-père, l’un des leaders du mouvement, récupéré par des personnalités politiques d’extrême droite.

Jan van Doorn, dont le grand-père, Fokke John, fut l’un des meneurs de la grève de février 1941, a décidé de ne pas assister à la cérémonie commémorative qui se tiendra ce mercredi après-midi à Amsterdam. Cette décision, explique-t-il, est motivée par sa volonté de préserver la mémoire de son grand-père et des autres grévistes, et d’éviter toute instrumentalisation politique.

Le 25 février 1941, Fokke John, alors employé du service de nettoyage de la ville d’Amsterdam et membre du Parti communiste des Pays-Bas (CPN), interdit, avait lancé un appel à la grève pour protester contre le traitement infligé aux citoyens juifs par les occupants allemands. Il avait incité ses collègues, notamment les conducteurs de tramway, à cesser le travail. Ces derniers jouèrent un rôle crucial dans le succès du mouvement.

La grève massive paralysa Amsterdam pendant deux jours, avant d’être brutalement réprimée par les forces d’occupation. Fokke John fut arrêté, neuf grévistes furent tués et des dizaines d’autres furent maltraités. Après sa libération, il rejoignit la résistance et participa à la diffusion du journal clandestin De Waarheid (La Vérité). Selon son petit-fils, « Ma grand-mère distribuait ce journal depuis le landau ».

Après la guerre, John reprit son travail de collecteur d’ordures. Il fut cependant licencié en 1955, avec 61 autres employés municipaux, suite à une grève. Cette grève de fonctionnaires municipaux eut des conséquences désastreuses pour lui. Il sombra dans la misère, et une scission au sein du CPN entraîna une campagne de diffamation à son encontre dans De Waarheid, le même journal qu’il avait risqué sa vie à diffuser pendant l’occupation. « Cela lui a causé beaucoup de souffrance », témoigne Van Doorn.

Il connut son grand-père principalement à travers les récits de sa grand-mère, Marie John-Wijnberg, qui restait amère face aux épreuves qu’il avait traversées après la guerre. En 1963, John obtint une allocation de la Fondation 1940-1945, ce qui soulagea la situation financière précaire de sa famille. Il décéda cependant en 1970, à l’âge de 55 ans, physiquement et mentalement épuisé. « Pourquoi ai-je réellement fait cela ? », se demandait-il à la fin de sa vie.

La réhabilitation de John et des autres travailleurs licenciés ne survint qu’en 1985. John lui-même n’avait assisté aux commémorations que les premières années, en raison de tensions internes au sein du mouvement communiste. Par la suite, il commémorait la grève seul, chez lui, dans la contemplation. Dans son rapport, conservé au Musée de la Résistance, il écrit : « Avec le souvenir du médecin juif qui nous offrait des cigares à l’hôtel Lloyd parce que nous avions fait grève pour lui et son peuple. Avec l’idée que nos concitoyens juifs ont pu puiser leur force dans l’action massive de leurs concitoyens non juifs au cours de ces années difficiles. Peut-être aussi avec l’idée que, malgré toutes les contradictions, la population va désormais se retourner contre le racisme et contre le fascisme, qui tente à nouveau de relever sa vilaine tête. »

Au Musée de la Résistance, Jan van Doorn contemple la machine à écrire sur laquelle le célèbre pamphlet « CONTINUER!!! STRESSER!!! STRESSER!!! » fut tapé, il y a 85 ans. Il reste silencieux, suivant ainsi l’exemple de son grand-père. Il ne souhaite pas que l’héritage de son grand-père et des autres grévistes soit terni par la présence de Martin Bosma, le président de la Chambre, qui avait assisté à deux reprises à la commémoration, un fait qu’il juge regrettable. Il désapprouve également le manque de fermeté des dirigeants face à la montée de l’extrême droite. « Mon grand-père avait déjà écrit sur la montée du fascisme dans les années 1960, mais aujourd’hui, la situation est encore plus grave. »

Écoutez également le podcast NRC Today sur la grève de février :



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