Les États-Unis et l’Inde seraient sur le point de sceller un accord commercial majeur, une avancée potentielle qui pourrait significativement réduire les droits de douane américains sur les produits indiens et ouvrir la porte à une coopération sur les importations de pétrole russe. Selon des informations du journal indien Mint, citant trois sources anonymes proches des négociations, les tarifs douaniers américains sur les importations indiennes pourraient passer de 50 % à une fourchette de 15 à 16 %. Un accord pourrait même être annoncé dès la semaine prochaine, en marge du sommet de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) qui se tiendra en Malaisie.
Ces discussions interviennent après des mois de négociations commerciales tendues entre les deux puissances. L’administration américaine, sous la houlette de Donald Trump, cherchait en effet à corriger son important déficit commercial avec la deuxième économie mondiale. Dans ce contexte, le président américain avait déjà haussé les droits de douane à 50 % sur les importations indiennes à partir d’août dernier, en guise de sanction face aux achats massifs de pétrole russe par l’Inde, considérés comme un soutien au budget énergétique du Kremlin.
Tandis que ces négociations se poursuivent, le Premier ministre indien Narendra Modi a récemment remercié Donald Trump pour un appel téléphonique dans un message publié sur X mercredi. Si le dirigeant indien a évoqué l’espoir d’une coopération renforcée entre les deux démocraties et leur lutte commune contre le terrorisme, il n’a fait aucune mention directe des pourparlers commerciaux ou des importations de pétrole russe. De son côté, Donald Trump a réitéré dimanche sa menace d’imposer des droits de douane « massifs » à l’Inde si elle ne cessait pas ses achats de brut russe, affirmant que Narendra Modi lui avait promis un arrêt de ces transactions.
Face à ces pressions, l’Inde est restée prudente la semaine dernière, n’ayant ni confirmé ni infirmé une éventuelle réduction ou cessation de ses importations de pétrole russe. New Delhi a souligné que sa priorité absolue dans sa politique énergétique était de « sauvegarder les intérêts du consommateur indien ». Randhir Jaiswal, porte-parole officiel du ministère des Affaires étrangères, a précisé : « L’Inde est un importateur important de pétrole et de gaz. Notre priorité constante a été de sauvegarder les intérêts du consommateur indien dans un scénario énergétique instable. Nos politiques d’importation sont entièrement guidées par cet objectif. »
À ce stade, les officiels indiens n’ont pas commenté le rapport de Mint.