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– Peut bénéficier d’actions de sabotage

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Publié le 7 février 2026 à 04h26. Les services de renseignement norvégiens tirent la sonnette d’alarme face à une dégradation de la situation sécuritaire mondiale, marquée par une compétition accrue entre grandes puissances et une complexification des menaces terroristes.

  • La Russie et la Chine cherchent à remettre en question l’ordre mondial actuel et à renforcer leur influence.
  • Les services de renseignement russes et chinois intensifient leurs activités en Norvège, notamment dans le cyberespace.
  • La menace terroriste, bien que moins prévisible, reste élevée, avec un risque persistant d’attentats islamistes et d’extrémisme de droite.

Dans son évaluation des menaces pour 2026, présentée ce jour, les services de renseignement norvégiens – le service de renseignement extérieur (E-service), le service de police de sécurité (PST) et l’Autorité nationale de la sécurité (NSM) – dressent un tableau préoccupant de la situation géopolitique. Le vice-amiral et commandant du E-service, Nils Andreas Stensønes, estime que le contexte sécuritaire mondial est plus tendu qu’il ne l’était au début de l’année 2025. Il souligne également que les grandes puissances privilégient désormais ouvertement leurs intérêts à court terme.

« Le droit du plus fort prévaut », a déclaré le responsable du E-service, soulignant un retour à une logique de puissance où les règles internationales sont de plus en plus bafouées.

Beate Gangås, chef du PST, confirme cette analyse, insistant sur la complexité croissante de la menace terroriste.

« Le tableau de la menace terroriste est plus flou et plus complexe qu’auparavant »

Beate Gangås, chef du PST

L’évaluation de l’NSM met en évidence les risques liés à la compétition géopolitique entre la Russie et la Chine, qui cherchent à diviser le monde en sphères d’influence et à accélérer l’émergence d’un ordre mondial multipolaire. Ces deux pays considèrent que l’Occident, et plus particulièrement la coopération transatlantique, est affaibli et voient là une opportunité de renforcer leur position à l’échelle mondiale.

Arne Christian Haugstøyl, directeur de l’NSM, met en garde contre la prise de risques accrue des acteurs malveillants et le perfectionnement constant de leurs méthodes :

« Les acteurs de la menace prennent de plus en plus de risques et les méthodes sont de plus en plus sophistiquées »

Arne Christian Haugstøyl, directeur de l’NSM

L’Arctique est également identifié comme une zone de tension croissante, la Russie et la Chine y manifestant un intérêt stratégique particulier. Le E-service souligne que ces deux pays suivent de près les évolutions concernant le Groenland et le Danemark, et considèrent toute modification du statu quo comme une source d’inquiétude. Les désaccords au sein de l’OTAN concernant la politique de sécurité dans l’Arctique pourraient également profiter aux intérêts russes et chinois.

Concernant le Svalbard, les services de renseignement notent une rhétorique de plus en plus agressive de la part de Moscou, qui s’oppose à toute utilisation militaire de l’archipel par l’OTAN. La Russie cherche également à réduire la dépendance de sa colonie de Barentsburg vis-à-vis des infrastructures norvégiennes, notamment en multipliant les escales de navires en provenance de Russie.

L’évaluation souligne enfin que la Russie considère la guerre en Ukraine comme une priorité absolue et qu’elle ne renoncera pas à son objectif de contrôler politiquement le pays. Les capacités militaires russes continuent de progresser, et les attaques contre les cibles civiles ukrainiennes se poursuivent. Le service de renseignement estime que les opérations russes en Europe pourraient s’intensifier et devenir plus graves.

Face à l’Occident, la Russie manque d’outils économiques et diplomatiques pour influencer l’OTAN, ce qui l’incite à recourir à des moyens plus discrets, tels que l’espionnage, le sabotage et la désinformation. L’Iran est également considéré comme une menace, susceptible de mener des opérations d’influence et de tenter d’attaquer des cibles occidentales par le biais de ses réseaux criminels.

Le PST s’attend également à maintenir un niveau élevé d’attaques de la part des islamistes extrémistes, qui cherchent à inciter leurs sympathisants à commettre des actes terroristes en Occident. L’extrémisme de droite reste également une source de préoccupation, avec des individus radicalisés qui s’inspirent d’idéologies violentes sans forcément avoir d’ancrage idéologique clair.

Enfin, les services de renseignement préviennent que les représentants du gouvernement pourraient être exposés à des activités de renseignement, à des menaces numériques et à des incitations à la haine, même si le risque d’actes de violence graves reste faible.


CHEF DU PST : Beate Gangås est chef du service de sécurité de la police. Photo : Gorm Kallestad / NTB

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