Publié le 11 février 2024 à 14h30. La marine philippine met en garde contre une campagne de désinformation orchestrée par Pékin visant à semer la discorde aux Philippines, alors que les tensions persistent en mer des Philippines occidentales.
- La marine philippine accuse le Parti communiste chinois (PCC) de chercher à diviser la société philippine par une guerre politique et informationnelle.
- Les forces armées philippines (AFP) affirment être prêtes à défendre la souveraineté nationale et opérer dans le respect des lois nationales et internationales.
- Pékin revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, malgré une décision internationale de 2016 invalidant ses prétentions.
Manille – La marine philippine a lancé un appel à la vigilance, mardi, alertant la population sur la menace réelle que représente la Chine en mer des Philippines occidentales (WPS). Selon les autorités, Pékin mènerait une stratégie délibérée de division par le biais d’une guerre politique et informationnelle.
Lors d’une conférence de presse, le contre-amiral Roy Vincent Trinidad, porte-parole de la marine, a mis en garde contre les distractions liées aux débats politiques internes concernant la WPS. Il a souligné que ces discussions alimentent la stratégie du PCC visant à affaiblir la cohésion de la société philippine et de ses dirigeants.
« L’objectif de l’influence étrangère malveillante (FMI) est de diviser la société philippine, de diviser les dirigeants et de nous faire oublier que le plus gros problème est la marine de l’APL, les garde-côtes chinois et la milice maritime qui infiltrent notre zone économique exclusive (ZEE) »
Contre-amiral Roy Vincent Trinidad, porte-parole de la marine philippine
L’acronyme FMI, selon les militaires, désigne les « activités subversives, non déclarées ou coercitives d’acteurs étrangers visant à manipuler l’opinion publique, à éroder la confiance dans les institutions et à renverser les processus démocratiques pour servir leurs propres intérêts ».
Le contre-amiral Trinidad a réaffirmé la position ferme du gouvernement philippin sur la question de la WPS : « La mer des Philippines occidentales est à nous. Nous n’abandonnerons pas un centimètre carré. Il y a une présence illégale depuis 1992 des garde-côtes chinois, de la marine de l’APL et, récemment, de la milice maritime. » Il a également assuré que les AFP continueraient à remplir leur mission constitutionnelle.
« Notre personnel est suffisamment mûr pour séparer le discours politique de notre mission de sécuriser et de protéger le territoire du pays. Nous avons le droit juridique, international et national de notre côté », a-t-il ajouté.
Le ministère des Affaires étrangères a récemment désigné un nouveau porte-parole pour la WPS, une décision saluée par Trinidad comme un moyen d’améliorer la communication et de garantir un message unifié. « Nous suivons le principe selon lequel un message, plusieurs voix… Un message mais des messagers différents. Tant que le message est le même, c’est plus efficace ainsi », a-t-il expliqué.
Trinidad a insisté sur le fait que la présence du PCC constitue une « menace existentielle » pour les Philippines, en raison d’activités illégales présumées, d’« actions coercitives » et de « messages trompeurs ».
« Les chiffres ne mentent pas, les gens le font. Leurs messages trompeurs donnent une légitimité à leurs actions coercitives. Ils constituent une menace existentielle. »
Contre-amiral Roy Vincent Trinidad, porte-parole de la marine philippine
« Nous sommes prêts à remplir notre mandat consistant à garantir l’intégrité du territoire national. Ne vous y trompez pas », a-t-il conclu.
GMA News Online a contacté l’ambassade de Chine à Manille, mais n’a pas reçu de réponse dans l’immédiat.
Pékin revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale (plus de 3 000 milliards de dollars de commerce maritime annuel), y compris des zones revendiquées par les Philippines, le Vietnam, l’Indonésie, la Malaisie et Brunei. En 2016, un tribunal international à La Haye a invalidé les prétentions chinoises, une décision que Pékin continue de rejeter.