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Pies en Australie : les attaques d’oiseaux provoquent un tollé

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Les pies australiennes, loin d’être de simples oiseaux au plumage noir et blanc, mènent la vie dure aux habitants, notamment aux cyclistes, lors de leur saison de reproduction. Ces volatiles, dotés d’une mémoire remarquable, seraient capables de reconnaître les visages et de cibler spécifiquement les personnes perçues comme une menace, transformant certaines villes australiennes en théâtres d’échauffourées aériennes.

Alors que l’Australie évoque souvent des créatures dangereuses comme les araignées ou les serpents, c’est un oiseau d’apparence inoffensive qui fait actuellement parler de lui. Les attaques de pies, phénomène appelé « swooping » dans le pays, se multiplient dans les zones urbaines, poussant les habitants à adopter des stratégies de défense parfois originales. Récemment, Rhys Newell, en pleine sortie à vélo, a été la cible d’une de ces attaques surprises. L’oiseau l’a rattrapé par derrière, avant de faire demi-tour et de le heurter violemment au visage, lui causant une blessure saignante.

Pour se prémunir de ces assauts, les cyclistes rivalisent d’ingéniosité. Certains ornent leur casque de casques spéciaux ou y apposent des autocollants représentant des yeux, tandis que d’autres optent pour des solutions plus robustes comme des attaches de câble ou des tiges métalliques sortant du casque, conçues pour dissuader les agresseurs volants.

Ces attaques sont l’œuvre exclusive des pies mâles. Selon Darryl Jones, écologiste comportemental à l’Université Griffith, ces agissements sont liés à la protection des nids et de la progéniture. Si le mâle ne remplit pas correctement son rôle de gardien, il risque l’abandon par sa compagne.

Les médias australiens font état de nombreuses blessures infligées par les serres et les becs des pies. Des événements ont même dû être annulés face à l’ampleur du phénomène. Un site web, « Alerte à la pie », permet aux personnes victimes de signaler les lieux et les moments des attaques, formant une carte interactive des zones à éviter.

La rumeur court que les pies gardent rancune et qu’un seul faux pas suffirait à les déclarer ennemies. Pire encore, elles seraient capables de mémoriser les visages, ciblant ainsi à nouveau les mêmes individus lors d’attaques futures. Les pies, ou « étourneaux flûtés » en allemand, sont réputées pour cette capacité de reconnaissance faciale.

Cette peur ambiante a donné naissance à un véritable marché. Des casques de vélo « PieProof », protégeant spécifiquement le visage et les oreilles, connaissent un succès fulgurant durant la période des attaques. Pour Darryl Jones, la meilleure défense ne consiste pas à fuir, mais à descendre de son vélo. Il semblerait que la vitesse soit le principal facteur déclencheur de ces agressions.

Si les pies australiennes sont particulièrement agressives, des comportements similaires peuvent être observés en Europe. Buses et corbeaux peuvent attaquer les promeneurs et cyclistes approchant de leurs nids, bien que ces incidents soient plus rares et généralement moins graves. Gisela Kaplan, professeur émérite en comportement animal, rappelle que ces oiseaux peuvent cesser leurs attaques s’ils ne perçoivent plus de menace. La pression exercée sur les mâles pour protéger leur nid est considérable durant cette période critique.

Malgré leur mémoire exceptionnelle, les pies peuvent aussi devenir des compagnes pour les résidents. En dehors de leur période de reproduction de quatre semaines, elles sont des oiseaux discrets et peuvent même créer des liens d’amitié avec les humains de leur territoire, présentant parfois leur progéniture aux personnes de confiance.

Baz Collis, retraité vivant près de Perth, témoigne de cette relation particulière. Les pies de sa région, vivant en familles nombreuses, lui rendent visite quotidiennement sur sa terrasse, où elles reçoivent une nourriture spécifique. Il a nommé une pie, M. Sox, qui lui rend visite, s’assied sur une chaise pendant près de 30 minutes, et se montre particulièrement familier, allant jusqu’à gazouiller dans le téléphone.

Face à ces rencontres parfois cocasses, les Australiens abordent la saison des attaques avec un mélange de pragmatisme, de respect et d’humour. Rhys Newell, malgré son expérience, relativise : « Quelque chose comme ça arrive rarement. La blessure semble plus grave qu’elle ne l’est ».

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