Publié le 2025-10-20 08:23:00. Le Parquet Spécialisé dans les Crimes Terroristes a obtenu gain de cause pour se constituer partie civile dans le cadre de la procédure pénale visant Víctor Polay Campos et Jaime Castillo Petruzzi. Cette démarche vise à réclamer une réparation financière à l’État péruvien pour le préjudice moral présumé causé par une affaire d’apologie du terrorisme.
La juge Soledad Barrueto a déclaré recevable la demande du Parquet Spécialisé dans les Crimes Terroristes du Ministère de l’Intérieur, lui permettant ainsi de se porter partie lésée dans le procès intenté contre les anciens dirigeants du Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA). Cette décision, actée par une résolution datée du 1er octobre, ouvre la voie à une potentielle demande de dommages et intérêts au nom de l’État péruvien.
Conformément aux dispositions du Nouveau Code de procédure pénale, la demande du Parquet a été jugée conforme aux exigences légales. Les pièces justificatives, incluant l’identification des accusés, une description précise des faits reprochés, les motivations de la réclamation et les preuves matérielles, ont satisfait aux critères établis. Aucune opposition formelle n’ayant été formulée par les défenses des prévenus, la procédure s’est déroulée sans audience préalable.
À l’origine, le Parquet Spécialisé avait réclamé une somme de 30 000 soles (environ 7 300 euros), payable solidairement par les personnes mises en cause. Cette réparation visait à compenser le préjudice extra-patrimonial, c’est-à-dire le tort moral subi par l’État, résultant notamment de l’atteinte à son image et de la perturbation de l’ordre juridique provoquées par le crime présumé d’apologie du terrorisme.
L’enquête préparatoire initiée par le Ministère Public concerne la conception et la rédaction du livre intitulé « Révolution dans les Andes ». Selon les autorités, cet ouvrage ferait l’éloge d’actes terroristes commis par le MRTA et ses membres. Les faits incriminés remontent à 2012 pour Víctor Polay Campos, auteur présumé, et à août 2020 pour Jaime Castillo Petruzzi, accusé d’avoir présenté le livre. Les peines encourues, d’une durée comprise entre huit et quinze ans d’emprisonnement, n’étant pas prescrites, l’action publique est considérée comme recevable.
Il est rappelé que Víctor Polay Campos purge actuellement une peine de 35 ans de prison, prononcée en 2008. Jaime Castillo Petruzzi, quant à lui, a été expulsé vers le Chili après avoir purgé sa peine au Pérou, avec interdiction de retour sur le territoire.