Au Mozambique, la province de Cabo Delgado, sous l’emprise de l’État islamique, est le théâtre d’une violence effroyable visant la population chrétienne. Une récente revendication du groupe terroriste fait état de destructions d’églises, d’attaques incendiaires et de décapitations macabres, plongeant la région dans la terreur.
Selon un rapport relayé par l’Institut de recherche sur les médias du Moyen-Orient (MEMRI), la branche mozambicaine de l’État islamique, désignée sous le nom d’ISMP (Islamic State Mozambique Province), a revendiqué des atrocités d’une gravité extrême dans les provinces de Cabo Delgado et de Nampula. Ces attaques, documentées par une vingtaine de photographies diffusées par le groupe terroriste, incluent la destruction d’au moins sept églises, des actes de pyromanie contre des villageois chrétiens et des civils, ainsi que la décapitation de plus de vingt-quatre personnes.
L’ISMP, qui instaure un régime de terreur dans la région, a également revendiqué la mise à mort de deux croyants le 25 septembre dernier. Le lendemain, une attaque perpétrée par le groupe a coûté la vie à un membre de la communauté chrétienne locale. Quelques jours plus tard, quatre chrétiens ont été décapités dans la ville de Macomia. Des images glaçantes de maisons et d’églises réduites en cendres dans les villages de Nacocha, Nacussa, Minhanha et Nakioto ont également été diffusées.
Face à cette escalade de violence, le Mozambique a cherché à renforcer sa sécurité en renouvelant une alliance avec le Rwanda fin août. Dans le cadre d’un accord sur le statut des forces, les Forces de défense rwandaises se sont engagées à déployer des troupes dans la province de Cabo Delgado.
La violence dans la province de Cabo Delgado a débuté en 2017, faisant depuis plus de 6 000 morts et déplaçant des milliers de personnes, selon les informations de CBN News. La situation est telle que l’organisation Open Doors classe le Mozambique au 37ème rang des pays où il est le plus difficile d’être chrétien, selon son classement mondial de la persécution 2025.
La province de Cabo Delgado se distingue par sa population majoritairement musulmane, un contraste avec le reste du pays, largement chrétien, où les mouvements évangéliques et pentecôtistes sont particulièrement représentés, comme le souligne un rapport du Département d’État américain.
Billy Hallowell et Raj Nair, de CBN, déplorent le manque d’attention médiatique en Occident concernant le sort des chrétiens mozambicains. « Il est difficile d’accepter qu’en 2025, il existe encore des terroristes qui décapitent des chrétiens. C’est la chose la plus horrible que l’on puisse imaginer », a commenté Hallowell. Raj Nair a souligné le contraste avec la couverture médiatique qu’auraient des événements similaires impliquant d’autres groupes : « Pourriez-vous imaginer si le titre disait que l’État islamique a décapité 30 Palestiniens ? Nous parlerions de la plus grande actualité depuis le 11 septembre. » Il a ajouté que les grands médias ne couvrent pas ce qu’il qualifie de « génocide contre les chrétiens » dans plusieurs pays africains, concluant par un amer : « Le monde s’en fiche. »
Hallowell a évoqué une dimension spirituelle à ces persécutions, affirmant que la foi est une cible pour l’« ennemi », mais rappelant que « l’histoire se termine par la victoire de Jésus ». Raj Nair, quant à lui, a prié pour le Mozambique et le Nigéria, demandant au Saint-Esprit d’apporter réconfort et consolation aux croyants persécutés.