Home International Plus de croissance, moins de climat – les États-Unis exigent : la Banque mondiale devrait également miser sur le charbon et le gaz – Actualités

Plus de croissance, moins de climat – les États-Unis exigent : la Banque mondiale devrait également miser sur le charbon et le gaz – Actualités

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Publié le 2025-10-18 15:09:00. Tandis que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international tiennent leur assemblée annuelle, les États-Unis, sous l’impulsion de Donald Trump, exercent une pression notable pour réorienter les priorités de ces institutions. Le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, mène quant à lui une profonde réforme de l’institution, surnommée « Feuille de route pour l’évolution », dans un contexte de mutation des enjeux mondiaux.

  • Washington demande à la Banque mondiale de se concentrer sur son mandat principal : financer la croissance économique des pays pauvres par des investissements en infrastructures, reléguant au second plan les questions climatiques, d’égalité et d’inclusion.
  • Les États-Unis souhaitent que la Banque mondiale réintroduise les prêts pour le financement des énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole) et des centrales nucléaires, tout en cherchant à exclure la Chine du bénéfice de ces financements.
  • La Banque mondiale a lancé un vaste programme de réformes visant à accroître son efficacité et sa capacité de prêt, notamment par une meilleure mobilisation du capital privé, tout en intégrant la lutte contre le changement climatique dans sa mission.

La réunion annuelle de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international s’est tenue cette semaine à Washington, dans un climat marqué par les exigences américaines. L’administration Trump met une pression significative sur ces deux institutions de Bretton Woods. Les États-Unis, premier actionnaire de la Banque mondiale avec un peu plus de 15 % des droits de vote, entendent ainsi réorienter ses priorités vers son mandat initial de financement du développement économique des pays les plus démunis. Cela se traduit par une demande de recentrage sur les infrastructures et la croissance, au détriment de thématiques comme le climat ou l’égalité, jugées secondaires par Washington.

Plus concrètement, les États-Unis poussent pour que la Banque mondiale accorde à nouveau des prêts destinés à la production de combustibles fossiles, charbon, gaz et pétrole, ainsi qu’au financement de centrales nucléaires. Parallèlement, ils militent pour que la Chine, considérée comme un rival, ne puisse plus bénéficier de prêts de la part de l’institution.

Malgré ces pressions, la Banque mondiale, sous l’égide de son président Ajay Banga, a engagé des réformes majeures avec son programme « Feuille de route pour l’évolution ». Ce plan vise à optimiser l’utilisation des ressources financières existantes et à mobiliser davantage de capitaux privés et de contributions des pays donateurs. L’objectif est double : accroître la capacité de prêt de la banque et répondre aux nouveaux défis mondiaux, y compris la lutte contre le changement climatique, avec une mission désormais formulée comme suit : « Créer un monde sans pauvreté – sur une planète vivable ». Ces réformes, impulsées par le G20 et Ajay Banga, visent à rendre l’institution plus agile et efficace.

Si l’influence américaine sur les décisions majeures de la Banque mondiale est incontestable, une réorientation complète vers les énergies fossiles pourrait se heurter à des résistances, notamment de la part des pays européens, y compris la Suisse. L’ambiance au sein de la Banque mondiale serait tendue, certains employés rapportant des demandes de ne plus utiliser certains termes, bien que cela soit officiellement contesté.

Ajay Banga, à la tête de la Banque mondiale depuis environ deux ans, est le premier président issu du secteur privé, ayant auparavant occupé des postes clés chez Nestlé, Citigroup et Mastercard. Son approche dynamique des réformes est appréciée par certains, qui le voient comme l’homme de la situation pour moderniser l’institution. Cependant, des critiques issues de la société civile lui reprochent une focalisation excessive sur la mobilisation des capitaux privés, privilégiant potentiellement les investisseurs au détriment des populations les plus pauvres.

Qu’est-ce que la Banque mondiale ?



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Photo noir et blanc d'une boîte d'hôtel
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Lieu de fondation de la Banque Mondiale : L’hôtel de conférence à Bretton Woods
Photo AP/Abe Fox

La Banque mondiale est la plus ancienne et la plus reconnue des banques multilatérales de développement. Elle octroie des prêts et des dons à long terme aux pays les plus pauvres afin de stimuler leur développement économique, dans le but de réduire la pauvreté et de promouvoir une croissance durable. Fondée pendant la Seconde Guerre mondiale par 44 États à Bretton Woods, aux États-Unis, son objectif initial était de soutenir la reconstruction de l’Europe ravagée par le conflit.

Au fil des quelque 80 dernières années, plus de 30 autres banques de développement ont vu le jour en s’inspirant de ce modèle. Elles reposent toutes plus ou moins sur un schéma similaire : les États membres constituent le capital de la banque. Celle-ci peut alors utiliser ce capital comme garantie pour emprunter sur les marchés financiers à des conditions avantageuses, et réinvestir ces fonds dans des projets de développement.

Qu’est-ce que la feuille de route d’évolution de la Banque mondiale ?



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La « Feuille de route pour l’évolution » est le programme de réformes lancé par la Banque mondiale en 2023 pour répondre aux défis mondiaux actuels. Au-delà de la lutte contre la pauvreté, la banque s’est également engagée à lutter contre le changement climatique. Sa mission a été élargie et se formule désormais ainsi : « Créer un monde sans pauvreté – sur une planète vivable ».

Un autre axe majeur concerne l’efficacité financière : la Banque mondiale entend accroître son impact avec les mêmes ressources en utilisant son capital de manière plus efficiente et en attirant des fonds supplémentaires du secteur privé et des pays donateurs. Ces réformes ont été élaborées sous l’impulsion du G20 et soutenues par le président de la Banque mondiale, Ajay Banga.

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