Publié le 6 février 2026 15:11:00. Le marché des cryptomonnaies est en berne depuis le début de l’année, avec des pertes significatives pour le bitcoin et les autres actifs numériques, reflétant une aversion croissante au risque chez les investisseurs.
- Le bitcoin a atteint son plus bas niveau depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, passant sous la barre des 70 000 dollars américains (environ 65 000 euros).
- Les principales cryptomonnaies affichent des baisses importantes : l’éther (-27 %), Solana (-26 %), Binance Coin (-19 %) et XRP (-19 %).
- Les ETF bitcoin spot, qui avaient soutenu les prix, connaissent des sorties massives de capitaux, signe d’un retour à la prudence des investisseurs institutionnels.
La chute des cryptomonnaies s’inscrit dans un contexte macroéconomique incertain, marqué par des tensions géopolitiques et des craintes de récession. Les investisseurs privilégient désormais les placements plus sûrs, au détriment des actifs considérés comme risqués.
Cette baisse a débuté en octobre 2025, suite à l’escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. L’annonce de contrôles stricts sur les exportations de terres rares par Pékin, en réponse aux menaces tarifaires américaines, a provoqué un krach sur les marchés financiers mondiaux. Le Nasdaq 100, indice de référence pour les valeurs technologiques américaines, a chuté de 3,56 % en une seule séance, entraînant dans son sillage le bitcoin, fortement corrélé aux actions technologiques.
L’onde de choc a entraîné une capitalisation boursière des cryptomonnaies en baisse d’environ 400 milliards de dollars américains (environ 370 milliards d’euros) en 24 heures, due à une cascade de liquidations de positions à effet de levier. Simultanément, 2 000 milliards de dollars américains (environ 1 850 milliards d’euros) se sont évaporés des marchés boursiers américains, témoignant de l’ampleur de la panique.
Les turbulences d’octobre ont été exacerbées par un contexte économique et monétaire incertain. La paralysie budgétaire aux États-Unis a interrompu la publication des indicateurs macroéconomiques officiels pendant plus de 40 jours, laissant les investisseurs et la banque centrale dans l’incertitude. L’inflation américaine a également continué de s’accélérer en fin d’année, tandis que les valorisations élevées des entreprises d’intelligence artificielle ont alimenté les craintes d’une bulle spéculative.
Les ETF bitcoin spot, lancés en 2024 avec un impact positif sur les prix, ont vu leurs actifs totaux chuter de 169,5 milliards de dollars américains (environ 157 milliards d’euros) en octobre à 93,5 milliards de dollars américains (environ 86 milliards d’euros) aujourd’hui. Plus de 75 milliards de dollars américains (environ 69 milliards d’euros) ont quitté ces fonds négociés en bourse, reflétant un retour à la sécurité de la part des investisseurs institutionnels.
Les entreprises exposées aux cryptomonnaies n’ont pas été épargnées. L’action de Coinbase, la principale plateforme d’échange cotée aux États-Unis, a chuté de 32 % depuis le 1er janvier (et de 50 % depuis octobre). La société d’investissement Strategy, connue pour détenir des bitcoins en trésorerie, a vu son titre baisser de 26 % sur la même période (-60 % depuis octobre).
Cette volte-face intervient après deux années d’euphorie quasi ininterrompue sur le marché des cryptomonnaies. Entre début 2023 et l’automne 2025, le prix du bitcoin a été multiplié par près de 6, porté par un enthousiasme sans précédent des investisseurs particuliers et institutionnels.
Plusieurs facteurs ont contribué à cette hausse spectaculaire. Les nouvelles réglementations aux États-Unis, perçues comme plus favorables aux cryptomonnaies, et les promesses du président élu Donald Trump de faire des États-Unis la « capitale mondiale de la cryptographie », ont renforcé la confiance du marché. L’approbation, début 2024, de plusieurs ETF bitcoin spot aux États-Unis a également ouvert la voie à d’importants flux de capitaux.
L’environnement macroéconomique favorable, avec la baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale à partir de 2024, a également joué un rôle. Des événements spécifiques, comme le « halving » du bitcoin (réduction de moitié de la récompense minière en avril 2024) et une brève période de décorrélation par rapport aux marchés traditionnels, ont attiré de nouveaux investisseurs.
Cette crise souligne la dépendance croissante des cryptomonnaies aux conditions macroéconomiques mondiales. Contrairement à la crise crypto de 2022, provoquée par des scandales internes (FTX, Terra/Luna), la débâcle de 2025 n’est pas due à un problème spécifique au secteur. Le réseau Bitcoin fonctionne normalement, avec des blocs validés toutes les dix minutes et une puissance de calcul proche des sommets historiques.
Ce sont des facteurs externes – politique monétaire, tensions géopolitiques, sentiment du marché boursier – qui ont dicté la tendance. Le bitcoin s’est comporté comme un autre actif à risque, sensible aux mêmes craintes que le Nasdaq ou les valeurs technologiques.
La crise a toutefois permis de tester les nouvelles infrastructures du marché des cryptomonnaies, notamment les ETF bitcoin spot, qui ont fonctionné sans problèmes majeurs. Malgré des rachats massifs, ces fonds ont pu gérer les retraits de leurs clients grâce au mécanisme des participants autorisés, sans provoquer de déséquilibres.
La prudence est de mise pour les investisseurs et les entreprises du secteur. Certains estiment que cette purge des excès spéculatifs était nécessaire pour revenir à une voie plus saine, les investisseurs les plus fragiles ayant capitulé et les positions à effet de levier ayant été éliminées. Les niveaux de pertes réalisées sur le réseau Bitcoin ces derniers jours n’ont pas été observés depuis 2023, avec plus de 4,6 milliards de dollars américains (environ 4,3 milliards d’euros) de pertes enregistrées le 23 janvier et plus de 6 milliards de dollars américains (environ 5,6 milliards d’euros) au cours des trois derniers jours.
Flux dans les ETF Bitcoin Spot
Valeur SoSo

Pertes réalisées en Bitcoin
Noeud de verre