Publié le 2025-11-02 12:25:00. Après le rachat de sa participation dans Allied Irish Bank (AIB) pour 390 millions d’euros, le gouvernement irlandais pourrait céder sa part restante dans Permanent TSB (PTSB). Cette démarche s’inscrit dans une stratégie de désinvestissement des banques nationales soutenues suite à la crise financière de 2008.
- Le gouvernement a vendu sa participation restante dans Bank of Ireland (BOI), réalisant un bénéfice net d’environ 2 milliards d’euros.
- Un accord a été conclu avec AIB pour l’annulation de bons de souscription en échange de 390 millions d’euros, marquant une étape vers la privatisation complète de la banque.
- PTSB a entamé un processus de vente, mandatant Goldman Sachs pour trouver un nouvel actionnaire majoritaire, potentiellement avant la fin du premier semestre 2025.
Suite à l’annonce du rachat par Allied Irish Bank (AIB) de la participation du gouvernement pour 390 millions d’euros, les spéculations vont bon train quant à une potentielle cession de la part détenue dans Permanent TSB (PTSB). Cette décision fait suite au retour sur investissement du gouvernement dans AIB, s’élevant à 20,2 milliards d’euros, rendant ainsi une sortie du capital de PTSB des plus probables dans un avenir proche.
Le gouvernement irlandais avait initialement acquis des participations dans plusieurs banques nationales pour éviter leur effondrement face à la crise financière mondiale de 2008. En février 2009, l’État a investi 3,5 milliards d’euros dans AIB, nationalisant de fait la banque à hauteur de 99,8% en 2011. La Bank of Ireland a également bénéficié d’un soutien, mais l’État n’a jamais détenu plus de 36% de son capital, lui permettant d’éviter une nationalisation complète. Pour sa part, Permanent TSB a vu le gouvernement acquérir 99,2% de ses actions en 2011 pour 4 milliards d’euros, une intervention rendue nécessaire par les lourdes pertes hypothécaires de la banque. Des cas similaires concernent Anglo-Irish Bank et Irish Nationwide Building Society, aujourd’hui dissoutes.
Le rôle de l’État en tant qu’actionnaire n’implique aucun contrôle sur les opérations quotidiennes des banques. Ces participations sont gérées par la Direction de l’Actionnariat et du Conseil Financier (SFAD), dont la mission est de suivre l’orientation stratégique des établissements et d’optimiser la valeur des investissements publics. La politique gouvernementale n’est pas de conserver ces actifs à long terme, mais de s’en désengager lorsque les conditions de marché le permettent, afin de générer de la valeur pour le contribuable.
En septembre 2022, l’État a finalisé la vente de sa participation dans Bank of Ireland, récupérant près de 6,7 milliards d’euros sur un investissement et un soutien de 4,7 milliards d’euros. Concernant AIB, l’accord prévoit l’annulation des bons de souscription détenus par le ministère des Finances en échange d’un paiement de 390 millions d’euros. Cet accord, effectif depuis le mois de juin 2025, marque la sortie définitive de l’État du capital d’AIB et son retour à une propriété entièrement privée. Dans le cas de PTSB, le gouvernement a progressivement réduit sa participation depuis 2015. Après une augmentation de capital et plusieurs cessions d’actions, sa part s’élevait à 57% en mars 2025, valorisée à 0,5 milliard d’euros. À ce jour, l’État a récupéré 2,7 milliards d’euros sur les 3,9 milliards investis dans PTSB, grâce aux commissions, dividendes et produits de cession.
La banque Permanent TSB, dont l’État détient encore une participation de 57%, a officiellement lancé son processus de vente. Les actions de la banque ont connu une forte hausse, portant sa capitalisation boursière à 1,58 milliard d’euros. PTSB a mandaté la banque d’investissement Goldman Sachs pour gérer cette transaction, avec l’objectif d’identifier un nouvel actionnaire majoritaire d’ici la fin du premier semestre 2025. Cette potentielle vente marquera l’achèvement du retour au secteur privé des banques irlandaises ayant survécu à la crise de 2008. Le ministre des Finances, Paschal Donohoe, a souligné que cet événement offrait à l’État l’opportunité de se défaire de sa dernière participation bancaire après 17 ans, profitant de l’intérêt accru des investisseurs pour les banques européennes.