Publié le 2025-10-21 16:18:00. L’or atteint un nouveau sommet historique, dépassant les 4 100 dollars l’once. Cette envolée spectaculaire s’explique par une demande mondiale accrue, alimentée par les investisseurs particuliers, les fonds indiciels et une diversification stratégique des réserves par les banques centrales de pays émergents.
- Le prix de l’once d’or a franchi le seuil historique de 4 100 dollars (3 525 euros) le mardi 14 octobre, marquant une hausse de plus de 50 % depuis le début de l’année 2025.
- Les fonds indiciels cotés en bourse (ETF) adossés à l’or facilitent l’accès au métal jaune pour les investisseurs et connaissent des afflux de capitaux sans précédent.
- La Chine et la Russie, notamment, réduisent leur dépendance au dollar et renforcent leurs réserves d’or, en raison des sanctions financières et de l’incertitude géopolitique.
L’engouement pour le métal jaune a même entraîné des files d’attente devant les comptoirs de change et les négociants en métaux précieux. Si des facteurs traditionnels tels que l’endettement croissant des États, la paralysie budgétaire américaine et les craintes d’une perte d’indépendance de la Réserve fédérale jouent un rôle, ils ne suffisent pas à expliquer l’ampleur de la hausse actuelle. L’or, valeur refuge reconnue en période d’incertitude économique, voit sa perception évoluer grâce à une accessibilité accrue.
L’essor des ETF, lancés en 2003, a démocratisé l’investissement dans l’or, permettant de le négocier aussi facilement qu’une action. Parallèlement, les banques centrales de pays émergents, en particulier la Chine et la Russie, réorientent leurs réserves. Les réserves physiques d’or de ces pays ont augmenté de manière significative depuis 2006, contrastant avec leur croissance plus modérée sur les décennies précédentes, selon les données du Fonds monétaire international. Cette diversification est motivée par la multiplication des sanctions financières imposées par les États-Unis et d’autres grandes puissances. La Russie, devenue acheteuse nette d’or en 2006, a intensifié ses acquisitions après 2014. La Chine, quant à elle, réduit ses avoirs en obligations américaines pour accroître ses réserves d’or, dans le cadre d’une stratégie de « dédollarisation ». L’exclusion de la Russie du système SWIFT et les discussions sur la saisie d’avoirs russes pour financer le conflit en Ukraine ont renforcé la méfiance de nombreuses banques centrales émergentes envers les grandes devises occidentales, perçues comme présentant désormais un risque politique.
Les prévisions de prix restent optimistes. La demande continue des banques centrales et l’attrait des ETF, alimenté par un certain « FOMO » (Fear Of Missing Out – la peur de manquer une opportunité), suggèrent que la tendance haussière pourrait se poursuivre. Le Conseil mondial de l’or a rapporté des entrées record dans les ETF au troisième trimestre 2025. Goldman Sachs a d’ailleurs relevé son objectif de cours à 4 900 dollars l’once d’ici fin 2026, estimant que les achats des banques centrales émergentes sont moins sensibles aux fluctuations de prix qu’aux facteurs géopolitiques.
Pour l’Australie, troisième producteur mondial d’or, cette situation représente une opportunité majeure. Le pays devrait voir la valeur de ses exportations d’or dépasser celle du gaz naturel liquéfié dès l’année prochaine, plaçant l’or en deuxième position de ses produits d’exportation, juste derrière le minerai de fer.