Home Économie Pourquoi les PME ne deviennent-elles pas grandes ? Les hommes d’affaires accusent la fiscalité et la bureaucratie

Pourquoi les PME ne deviennent-elles pas grandes ? Les hommes d’affaires accusent la fiscalité et la bureaucratie

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Publié le 2025-10-09 12:22:00. Alors que la majorité des petites et moyennes entreprises (PME) espagnoles ambitionnent de croître, elles se heurtent à un mur d’obstacles réglementaires. Le coût du travail et la fiscalité sont pointés du doigt par les entrepreneurs comme les principaux freins à leur développement, reléguant au second plan les ambitions d’expansion.

  • 74,9 % des PME espagnoles placent la croissance de leurs effectifs, de leur chiffre d’affaires et de leurs investissements parmi leurs priorités.
  • L’amélioration de la rentabilité, de l’efficacité et de la productivité, synonyme d’économies d’échelle, est le moteur principal de ces ambitions.
  • Les entraves réglementaires, en particulier les normes du travail et la charge fiscale, constituent le principal obstacle identifié par les entrepreneurs.

C’est l’une des conclusions marquantes du Rapport PME 2025, une étude annuelle menée par le Conseil général des économistes (CGE) et Faedpymé. Cette enquête révèle un paysage des affaires en Espagne qui se dégrade, pesant sur la compétitivité des entreprises. Pour le CGE, il est crucial de libérer les PME de ces contraintes pour résoudre des problématiques économiques plus larges, telles que le faible taux de natalité et la pérennité du système de retraites, qui nécessitent une amélioration de la productivité.

Le dernier baromètre de Cépyme corrobore ce constat, indiquant une augmentation de 24,5 % du coût du travail pour les petites entreprises au cours des six dernières années. Cette hausse, conjuguée aux augmentations successives des cotisations et du salaire minimum interprofessionnel (SMI), n’a pas été compensée par une simplification des réglementations. Miguel Ángel Vázquez Taín, président du CGE, souligne que ce fardeau est particulièrement lourd dans un pays où le Produit Intérieur Brut (PIB) repose majoritairement sur le secteur des services, dont les charges salariales représentent une part significative des dépenses.

L’enquête CGE et Faedpyme confirme cette perception : les entrepreneurs espagnols évaluent les contraintes réglementaires du travail et les charges sociales à 4,17 sur 5, les considérant comme une préoccupation majeure. Les obligations fiscales (4,10) et la bureaucratie (4,02) suivent de près. L’environnement politique et institutionnel n’est guère plus encourageant, avec une note de 3,73 sur 5, tandis que le manque de soutien public à l’investissement (3,6), au système financier (3,26) et une réglementation environnementale jugée excessive (3,53) persistent.

De plus, la perception de l’environnement concurrentiel s’est détériorée par rapport à l’enquête de 2024, un phénomène d’autant plus marqué pour les plus petites structures. L’indice de compétitivité des PME, qui distingue les facteurs externes (réglementation) et internes (productivité), met en lumière ce déséquilibre : la variable externe présente un solde positif en 2025, tandis que la variable interne affiche un bilan négatif.

Malgré une volonté manifeste de croissance, les entrepreneurs privilégient majoritairement la croissance organique, montrant peu d’intérêt pour les fusions-acquisitions ou l’arrivée de nouveaux investisseurs, comme le capital-investissement (private equity). Cette réticence culturelle à l’égard du capital-investissement a été soulignée lors de la présentation du rapport, alors que l’intérêt des fonds pour les PME est croissant.

Salvador Marín, directeur du Service d’études du CGE, a soulevé la question de savoir « quand les fonds de private equity se concentreront clairement sur les PME, avec des incitations fiscales et une simplification des procédures de fusion-acquisition, et que se développeront des fonds de dette public-privé moins restrictifs pour les PME ? ». Il a plaidé en faveur d’une reconversion soutenue par des ressources publiques.

Miguel Ángel Vázquez Taín a apporté des données probantes issues de la Banque d’Espagne : « Chaque augmentation de 10 % des nouvelles réglementations peut réduire de 0,5 % l’emploi dans les entreprises de moins de 10 salariés. » Il a conclu en insistant sur la nécessité d’un « cadre plus agile, plus stable et axé sur la croissance » pour permettre aux PME de rivaliser sur un pied d’égalité.

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