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Poutine parie sur l’échec de l’Europe

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Publié le 2025-10-23 14:28:00. La stratégie européenne face à la Russie, jugée insuffisante par certains analystes, s’apparente à un jeu de dupes où Vladimir Poutine retiendrait le ballon, convaincu de la faiblesse de l’Europe. Malgré les menaces russes croissantes, l’Union européenne tarde à mettre en œuvre des mesures concrètes, laissant Poutine exploiter ses divisions.

  • La stratégie occidentale consistant à aider l’Ukraine « juste assez » pour survivre mais pas pour gagner est perçue comme une faiblesse par Moscou.
  • Malgré des déclarations fortes, des leaders européens comme Emmanuel Macron ou Friedrich Merz n’ont pas concrétisé leurs engagements en matière d’aide militaire significative à l’Ukraine.
  • L’Europe dans son ensemble manque d’un sentiment d’urgence, visant une réponse à l’horizon 2030, ce qui est jugé trop tardif par les observateurs.

Dans une analyse qui rappelle les personnages de Charles Schulz, l’Ukraine est comparée à un ballon de football usé par la guerre, que le président russe Vladimir Poutine, dans le rôle de Lucy van Pelt, retire systématiquement du jeu. Le président américain, dépeint comme un Charlie Brown fataliste mais plein d’espoir, ne parviendrait pas à « botter » le ballon, tandis que l’Europe serait incapable de fournir le soutien nécessaire pour que l’Ukraine puisse gagner. Cette stratégie européenne, qualifiée de « juste assez » par certains, consiste à aider l’Ukraine juste assez pour qu’elle survive et maintienne la Russie engagée, mais pas suffisamment pour remporter la victoire.

Cette approche a pour conséquence de rendre Vladimir Poutine plus audacieux. Moscou est persuadé que l’Europe n’est pas à la hauteur des tâches demandées, que ce soit en termes de financement ou de défense de Kiev. Les actions russes se font plus directes, avec des incursions de drones, d’hélicoptères et d’avions de combat dans l’espace aérien des pays de l’OTAN. Les mesures défensives passives de l’Alliance, souvent ralenties par des blocages bureaucratiques ou des vetos nationaux, ne représentent aucune menace pour le dirigeant russe, qui parie sur une réaction lente et des condamnations verbales.

L’exemple du président français Emmanuel Macron est frappant. Malgré des annonces répétées concernant un possible déploiement de troupes françaises en Ukraine, l’extension d’un parapluie nucléaire ou la mise en place d’un « bouclier céleste » pour contrer les attaques russes, l’action concrète semble faire défaut. Poutine considérerait ces déclarations comme des fanfaronnades sans lendemain.

De même, le chancelier allemand Friedrich Merz, bien qu’ayant promis le feu vert pour la fourniture de missiles Taurus à l’Ukraine lors d’une visite à Kyiv en décembre 2024, tarde à concrétiser cet engagement depuis sa victoire électorale. Huit mois plus tard, la livraison de ces missiles s’enlise dans des discussions de coalition et une opposition nationale croissante. Bien que Merz projette de construire « la plus puissante armée conventionnelle d’Europe », cette vision à long terme ne dissuade pas la Russie dans le contexte actuel, Berlin apparaissant comme une capitale faible du point de vue de Moscou.

Même le Royaume-Uni, malgré ses efforts pour former des soldats ukrainiens, présente des capacités militaires limitées pour un déploiement sur le front. L’armée britannique, réduite à environ 70 000 soldats, et une marine aux moyens réduits, ne constituent pas une menace immédiate pour la Russie. Les augmentations de dépenses militaires prévues d’ici 2027 ne sont pas suffisantes pour dissuader l’agression russe actuelle.

L’Europe, dans son ensemble, manquerait d’un véritable sentiment d’urgence, avec des plans visant à rattraper son retard d’ici 2030, soit cinq ans trop tard. Vladimir Poutine, conscient des faiblesses de son propre dispositif militaire en Ukraine – où son armée progresse en mètres et subit des pertes quotidiennes considérables –, parie sur la volonté de l’Europe de payer le prix de l’arrêt de l’agression. Pour l’instant, les pays européens se contentent d’une défense passive de leurs frontières, sans parvenir à un consensus sur les règles d’engagement pour leurs pilotes face aux violations de l’espace aérien.

Cependant, des points positifs émergent, notamment de la part de l’Ukraine elle-même, de la Suède qui s’apprête à livrer 150 avions de combat, ainsi que des efforts militaires de la Pologne, de la Finlande et des États baltes. La clé réside dans la nécessité pour l’Europe de passer des séances photo et des réunions de coordination à des actions concrètes face à la menace russe actuelle. Les demi-mesures ne suffiront pas à modifier le calcul des coûts pour Poutine, un homme prêt à payer un lourd tribut humain pour atteindre ses objectifs.

Des mesures complètes sont donc réclamées : concrétiser le « bouclier céleste », abattre activement les drones russes, adopter une tolérance zéro face à toute violation de l’espace aérien de l’OTAN, transformer la mer Baltique en un « lac de l’OTAN », et contrer la flotte russe transportant illégalement du pétrole. Il est également préconisé de déployer autant de systèmes de défense aérienne que possible en Ukraine, créant un réseau intégré, et d’annoncer à Poutine que Bruxelles passe également à une économie de guerre.

Dans ce contexte, l’idée est que Donald Trump puisse aider l’Europe à trouver sa voie, en cessant de jouer un rôle passif face à Poutine. Il est suggéré d’envoyer des missiles Tomahawk à l’Ukraine et de demander au Sénat l’autorisation de sanctions secondaires. En bref, plutôt que de vouloir « botter le ballon », Trump devrait, de manière figurée, « donner un coup de pied aux fesses de Poutine », et ce, de manière significative.

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