Publié le 22 février 2026 à 12h06. Malgré des signaux d’alerte croissants, les marchés boursiers américains continuent de progresser, mais l’unité au sein de la Réserve fédérale et l’arrivée prochaine d’un nouveau président pourraient bien remettre en question cette dynamique haussière.
- Le Dow Jones Industrial Average (^DJI), le S&P 500 (^GSPC) et le Nasdaq Composite (^IXIC) ont enregistré des gains significatifs depuis le début du second mandat de Donald Trump en janvier 2025.
- Des dissensions internes à la Réserve fédérale, combinées à l’incertitude concernant la nomination du prochain président de la banque centrale, pourraient fragiliser la confiance des investisseurs.
- Historiquement, les marchés haussiers durent plus longtemps que les marchés baissiers, offrant aux investisseurs patients des opportunités de croissance à long terme.
Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, les marchés boursiers américains ont connu une période de croissance soutenue. Même si des périodes de volatilité, comme la crise liée à la pandémie de Covid-19 en février-mars 2020, ont perturbé cette tendance, les principaux indices ont affiché des performances remarquables. Le Dow Jones Industrial Average a progressé de 57 %, le S&P 500 de 70 % et le Nasdaq Composite, axé sur les technologies, de 142 % durant le premier mandat de Trump. Cette dynamique positive s’est poursuivie depuis janvier 2025, avec des gains de 14 %, 15 % et 16 % respectivement pour ces mêmes indices, au 18 février 2026.
Ce marché haussier, alimenté par des facteurs tels que l’essor de l’intelligence artificielle et l’émergence de l’informatique quantique, ainsi que par les politiques mises en œuvre par l’administration Trump, pourrait toutefois être menacé. La loi sur les réductions d’impôts et l’emploi (Tax Cuts and Jobs Act), par exemple, a abaissé de manière permanente le taux maximal d’imposition des sociétés à 21 %, le niveau le plus bas depuis 1939. Cette mesure a encouragé les entreprises à racheter leurs propres actions, avec plus de 1 000 milliards de dollars estimés pour 2025.
Cependant, plusieurs facteurs de risque pèsent sur cette situation. L’incertitude liée aux tarifs douaniers et les valorisations boursières historiquement élevées sont des préoccupations connues. Mais un élément pourrait s’avérer particulièrement déterminant : la Réserve fédérale, la banque centrale américaine. Normalement garante de la stabilité financière, la Fed pourrait devenir un facteur de risque.
La principale institution financière américaine est une source potentielle de problèmes pour Wall Street
La Réserve fédérale est traditionnellement considérée comme le pilier financier de Wall Street. Sa mission principale est de maximiser l’emploi et de stabiliser les prix en ajustant le taux cible des fonds fédéraux – le taux d’intérêt des prêts à court terme entre institutions financières – et/ou en effectuant des opérations d’open market, comme l’achat ou la vente de bons du Trésor américain. Cette tâche, guidée par une analyse approfondie des données économiques, est habituellement perçue comme stable et prévisible.
Mais depuis juillet 2025, cette stabilité est compromise. Les cinq réunions du Comité fédéral de l’open market (FOMC) – l’instance de décision de la Fed – ont été marquées par des désaccords, et les réunions d’octobre et de décembre ont révélé des divergences d’opinions sur l’orientation de la politique monétaire. Lors de ces réunions, bien que le FOMC ait voté pour une baisse de 0,25 point de pourcentage des taux d’intérêt, certains membres préconisaient une baisse plus importante, tandis que d’autres étaient opposés à toute réduction.
Selon Jim Bianco, analyste financier, « Je n’ai pas vu une réunion avec autant de contradictions. » Ce manque de consensus au sein de la Fed pourrait avoir des conséquences négatives pour Wall Street et les investisseurs.
De plus, le mandat de Jerome Powell à la tête de la Fed arrive à échéance en mai, et le candidat proposé par Donald Trump pour lui succéder, Kevin Warsh, pourrait accentuer ces tensions. Warsh a critiqué le bilan de la Fed, estimant qu’il était trop important, et préconise une réduction de son bilan en vendant des bons du Trésor et des titres adossés à des créances hypothécaires. Une telle politique pourrait entraîner une hausse des taux d’intérêt et freiner la croissance économique.
La non-linéarité des cycles boursiers favorise les investisseurs optimistes et de long terme
Malgré ces inquiétudes, il est important de rappeler que les corrections boursières et les marchés baissiers font partie intégrante du cycle économique. L’analyse des données historiques montre que les marchés haussiers durent généralement plus longtemps que les marchés baissiers, offrant aux investisseurs patients des opportunités de croissance à long terme. Sur les 96 dernières années, il y a eu 27 baisses d’au moins 20 % de l’indice S&P 500, mais seulement un tiers de ces baisses ont dépassé un an, et la durée moyenne d’un marché baissier est d’environ 9,5 mois.
À l’inverse, 10 des 27 marchés haussiers du S&P 500 ont duré plus de 1 200 jours. Le marché haussier moyen a persisté pendant 1 011 jours, soit environ 3,5 fois plus longtemps qu’un marché baissier typique. Cette non-linéarité des cycles boursiers souligne l’importance d’adopter une perspective à long terme et de considérer les corrections comme des opportunités d’investissement.
En conclusion, bien que la situation actuelle présente des défis, les perspectives à long terme pour les actions restent positives. La clé du succès réside dans la patience, la discipline et une compréhension approfondie des cycles économiques.
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