Publié le 2025-10-16 08:05:00. Le gouvernement s’apprête à réformer l’Indicateur de situation économique équivalent (ISEE) afin de mieux cibler les aides sociales et fiscales accordées aux familles. Cette refonte, attendue en Conseil des ministres ce vendredi, vise notamment à ajuster les seuils d’éligibilité et à modifier le calcul des avantages fiscaux pour les foyers, avec un coût estimé à 500 millions d’euros par an.
La loi de finances intégrera prochainement une mise à jour significative du système ISEE, l’outil clé utilisé pour évaluer le bien-être des ménages. Cet indicateur prend en compte les revenus, le patrimoine mobilier et immobilier, tout en appliquant un coefficient d’équivalence qui tient compte de la composition familiale et de la présence de personnes handicapées. Plus cet indicateur est bas, plus les aides potentielles sont nombreuses : des réductions sur les factures d’énergie aux allocations familiales, en passant par les frais de garde d’enfants, les soins à domicile et les frais universitaires.
Cette intervention budgétaire, d’une enveloppe d’environ 500 millions d’euros annuels, a pour objectif de remodeler les dispositifs fiscaux en faveur des familles et de modifier les critères d’accès aux aides sociales. La réforme se déroulera sur deux axes principaux.
D’une part, l’examen des déductions fiscales sur les dépenses et charges sera réajusté. Actuellement, le coefficient multiplicateur de la déduction forfaitaire pour les familles est de 0,70 pour un enfant, passant à 0,85 pour deux enfants et à 1 pour trois enfants ou plus. La manœuvre budgétaire de 2026, selon les informations du quotidien Il Sole 24 Ore, devrait porter ce coefficient à 0,85 pour toutes les familles avec un enfant. Parallèlement, le plafond des dépenses déductibles pourrait passer de 9 800 à 11 900 euros pour les revenus compris entre 75 000 et 100 000 euros. Au-delà de 100 000 euros, la réduction fiscale évoluerait de 5 600 à 6 800 euros.
D’autre part, un point plus sensible concerne l’exclusion de la résidence principale du calcul de l’ISEE. Actuellement, cette exclusion est plafonnée aux biens dont la valeur cadastrale ne dépasse pas 52 000 euros. Le nouveau seuil maximal reste à définir : la Ligue propose 100 000 euros, tandis que Fratelli d’Italia milite pour un seuil de 75 000 euros, une option jugée plus favorable aux revenus moyens-bas. L’extension de la majoration de 0,2 point du barème d’équivalence, actuellement réservée aux familles nombreuses de trois enfants, pourrait également concerner celles comptant deux enfants. À titre d’exemple, un couple avec deux enfants et un revenu total de 35 000 euros, possédant une résidence principale d’une valeur cadastrale de 80 000 euros, affiche un ISEE actuel d’environ 17 000 euros. Avec ces changements, cet ISEE chuterait à 15 500 euros, grâce à une exclusion partielle de la résidence principale et au nouveau barème d’équivalence. Cette baisse permettrait potentiellement de bénéficier de réductions sur les frais de scolarité et de tarifs réduits pour les cantines et autres services municipaux.
Il est à noter que les familles les plus démunies, ne possédant pas de biens immobiliers ou affichant un ISEE inférieur à 10 000 euros, ne devraient pas recueillir d’avantages significatifs de cette réforme. En revanche, les ménages propriétaires de leur résidence principale et appartenant aux classes moyennes pourraient voir leur ISEE diminuer de plusieurs milliers d’euros, leur ouvrant ainsi l’accès à certaines primes et aides sociales auparavant inaccessibles.