Home Santé Présentation atypique de l’acrodermatite entéropathique chez un enfant : apparition tardive avec dermatite étendue sévère et choc septique mettant en jeu le pronostic vital | BMC Pédiatrie

Présentation atypique de l’acrodermatite entéropathique chez un enfant : apparition tardive avec dermatite étendue sévère et choc septique mettant en jeu le pronostic vital | BMC Pédiatrie

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Publié le 2025-10-28 13:26:00. Un cas rare d’épidermolyse bulleuse chez un garçon de 8 ans, initialement sous-diagnostiqué, a mis en lumière l’importance du zinc dans le développement et la fonction immunitaire. L’enfant, présentant des manifestations cutanées graves et un état de choc septique, a montré une amélioration spectaculaire suite à une supplémentation en zinc.

  • Un garçon de 8 ans, souffrant de symptômes cutanés sévères et de choc septique, a été diagnostiqué avec une épidermolyse bulleuse (EB) due à une carence en zinc.
  • La supplémentation en zinc a entraîné une guérison des lésions cutanées, une repousse des cheveux et une amélioration significative de son poids et de son développement social.
  • L’EB est une maladie génétique rare, souvent autosomique récessive, liée à des mutations dans le gène SLC39A4, qui code pour la protéine ZIP4, essentielle au transport du zinc.

Un diagnostic tardif pour des symptômes dévastateurs

Le zinc, oligo-élément vital pour de nombreuses fonctions cellulaires, joue un rôle crucial dans le métabolisme des protéines, des glucides et de la vitamine A, agissant également comme cofacteur pour diverses enzymes. Sa carence peut entraîner des manifestations dermatologiques sévères, caractéristiques de l’épidermolyse bulleuse (EB).

Dans le cas rapporté, un garçon de 8 ans a été admis avec des signes alarmants : un poids et un indice de masse corporelle (IMC) inférieurs au 5e percentile, des interactions sociales limitées et des lésions cutanées sévères évoluant vers un choc septique. Ces symptômes, bien que typiques d’une carence sévère en zinc, ont nécessité une investigation approfondie.

Un traitement simple mais efficace

Deux mois après l’initiation d’un traitement par supplémentation en zinc, administré à raison de 3 mg/kg/jour, l’enfant a montré des signes d’amélioration notables. Les lésions cutanées ont commencé à guérir, une repousse des cheveux a été observée, et les suivis ont révélé une progression significative de son poids et une amélioration de son engagement social.

La présentation clinique de l’EB est variée. Elle peut se manifester par des plaques érythémateuses et eczémateuses symétriques, particulièrement autour de la bouche et des organes génitaux, pouvant évoluer vers des cloques, des vésicules et des pustules. Dans les cas graves, une desquamation cutanée peut survenir. L’alopécie, incluant la perte des cils et des sourcils, est une autre caractéristique fréquente. D’autres symptômes systémiques peuvent inclure la diarrhée, une photophobie, un retard de développement physique et mental, et dans les cas les plus sévères, un hypogonadisme. Des infections secondaires bactériennes ou fongiques peuvent compliquer le tableau clinique, rendant le diagnostic plus ardu.

Des cas similaires et des avancées génétiques

Plusieurs autres cas similaires ont été documentés, illustrant la présentation de l’EB chez de jeunes enfants. Un nourrisson de 6 mois, exclusivement allaité, a présenté des plaques érythémateuses faciales, génitales et aux extrémités, accompagnées d’un retard de croissance. Les analyses ont révélé de faibles niveaux de zinc sérique et urinaire, ainsi qu’une basse activité de la phosphatase alcaline (PAL). Un traitement par zinc a rapidement entraîné une amélioration.

Un autre cas impliquait un nourrisson de 11 mois souffrant de fièvre récurrente, de diarrhée intermittente et d’infections, présentant des lésions cutanées symétriques. Bien que sa PAL soit normale, son taux de zinc sérique était très bas. Un traitement par zinc oral a résolu ses symptômes. Un garçon de 21 mois, issu d’une union consanguine, a développé des lésions similaires, son frère étant décédé de symptômes apparentés. Le zinc sérique était alarmant, mais le traitement a apporté une guérison. Enfin, un garçon prématuré de 14 mois a présenté des lésions cutanées depuis son premier mois de vie, sa sœur étant décédée de symptômes similaires. Un diagnostic retardé par surinfection a marqué ce cas, qui s’est résolu avec une supplémentation en zinc.

Les avancées dans la compréhension génétique de l’EB ont permis d’identifier une variante homozygote tronquée dans le gène SLC39A4. Cette mutation, qui affecte le site donneur d’épissage, entraîne une perte quasi complète de l’activité de la protéine ZIP4, responsable du transport du zinc. Cette variante, associée à des formes sévères et classiques d’EB, a déjà été observée chez quelques patients atteints de cette maladie.

Défis diagnostiques et importance de la vigilance

Le cas du garçon de 8 ans a présenté des défis diagnostiques particuliers, notamment en raison de l’absence d’antécédents familiaux et de son état critique à l’admission. Le diagnostic de l’EB est souvent retardé, car les symptômes peuvent se manifester tardivement, parfois après le sevrage de l’allaitement. Dans ce cas, l’allaitement prolongé jusqu’à l’âge de deux ans et le diagnostic erroné des lésions cutanées comme une simple dermatite, associé à la prise de multivitamines contenant du zinc, ont contribué à ce retard. Bien que cette prise ait pu offrir un certain bénéfice, elle n’a pas permis une guérison complète des ulcères.

Les résultats de laboratoire de ce patient ont révélé un faible taux de zinc sérique, qui s’est normalisé sous traitement, tandis que la PAL était normale. Les tests génétiques ont confirmé le diagnostic en identifiant une mutation dans le gène SLC39A4. Contrairement à de précédents rapports où les tests génétiques n’étaient pas réalisés ou rapportés, leur utilisation dans ce cas a été déterminante. Les investigations antérieures n’avaient pas permis d’exclure complètement d’autres troubles, tels que les maladies cœliaques, la maladie de Crohn ou les déficiences immunitaires liées au VIH, soulignant la complexité du diagnostic différentiel de l’EB.

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