Publié le 8 février 2024 19h36. La présidence palestinienne a vivement condamné des décisions israéliennes récentes concernant la Cisjordanie, les qualifiant de tentative de légitimer la colonisation et de préparer une annexion de facto du territoire occupé.
- Les nouvelles mesures facilitent l’acquisition de terres par des colons et lèvent le secret sur les registres fonciers.
- La présidence palestinienne dénonce une violation flagrante du droit international et des accords bilatéraux.
- Un avertissement est lancé concernant d’éventuelles atteintes aux lieux saints, notamment à l’approche du Ramadan.
La présidence palestinienne a dénoncé ce vendredi une série de décisions prises par le gouvernement israélien, les qualifiant de continuation d’une « guerre globale » menée contre le peuple palestinien. Ces mesures, selon Ramallah, visent à accélérer le processus d’annexion de la Cisjordanie et à encourager le déplacement des Palestiniens.
Selon les informations diffusées par l’agence de presse palestinienne, le cabinet gouvernemental israélien a approuvé des mesures visant à « approfondir le plan d’annexion en Cisjordanie et à lever le secret sur le cadastre ». Ces décisions devraient entraîner des changements majeurs dans la gestion et l’enregistrement des terres, permettant notamment la démolition de bâtiments appartenant à des Palestiniens dans certaines zones de la Cisjordanie occupée.
Les mesures, portées par le ministre israélien de la Défense, Yisrael Katz, et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, visent à étendre considérablement la présence coloniale et à rendre plus difficile toute remise en question légale de ces implantations à l’avenir. L’une des décisions prévoit la suppression de la confidentialité des registres fonciers, permettant ainsi aux colons d’identifier les propriétaires terriens et de les contacter directement en vue d’acquérir leurs propriétés.
Une autre mesure supprime les restrictions sur la vente de terres aux non-Arabes, annule l’obligation d’obtenir une approbation officielle pour les transactions immobilières et autorise les colons à acheter des terres directement, sans avoir à se conformer à des procédures administratives complexes.
La présidence palestinienne a fermement condamné ces décisions, les qualifiant de « illégitimes, illégales, nulles et non avenues ». Elle a souligné que ces mesures constituent une violation flagrante des accords signés avec Israël, notamment la Convention d’Oslo et l’Accord d’Hébron, ainsi que du droit international et des résolutions des Nations unies.
« Ces décisions constituent une tentative claire de légitimer la colonisation, de piller des terres et de démolir les biens des citoyens palestiniens, même dans les zones sous souveraineté palestinienne. »
Présidence palestinienne
Un avertissement a également été lancé concernant le risque d’atteintes aux lieux saints islamiques et chrétiens, en particulier à la mosquée Ibrahimi. La présidence palestinienne a déclaré que toute mesure visant ce lieu de culte ou modifiant son statut serait considérée comme inacceptable et a mis en garde contre les conséquences d’une éventuelle agression, d’autant plus à l’approche du mois de Ramadan.
La présidence a appelé la communauté internationale, et en particulier le Conseil de sécurité des Nations unies et l’administration américaine, à intervenir de manière urgente pour mettre fin à ces mesures, estimant qu’elles menacent les efforts de désescalade et de stabilisation dans la région. Elle a réaffirmé que l’État de Palestine sera un jour un État indépendant et pleinement souverain, avec pour capitale Jérusalem-Est, sur les frontières de 1967.