Publié le 23 février 2026 09:32:00. À l’approche des élections municipales de Bordeaux, les candidats affichent des visions contrastées sur la place de la culture dans la ville, notamment en matière de financement, d’accessibilité et de programmation.
- Julie Rechagneux (RN) propose de conditionner les subventions aux associations culturelles à l’absence de prises de position politiques, tandis que Pierre Hurmic (EELV) défend la liberté de création.
- Les candidats s’accordent majoritairement à sanctuariser le budget alloué à la culture, bien que des propositions divergent sur les moyens de le compléter.
- Des divergences apparaissent quant à la priorité à accorder à l’attractivité internationale, au soutien aux initiatives locales ou à la démocratisation de l’accès à la culture.
La question de la culture s’impose comme un enjeu majeur de la campagne municipale à Bordeaux. Les candidats ont exposé leurs positions sur des thématiques clés telles que la liberté de programmation, le financement, les priorités d’action et l’accès à la culture pour tous les habitants.
Concernant la liberté de programmation, les divergences sont marquées. Julie Rechagneux, du Rassemblement National, assume une position ferme :
« Nous mettrons fin aux subventions pour les associations culturelles qui prennent des positions politiques. »
Julie Rechagneux, porte-parole du Rassemblement National
À l’opposé, Pierre Hurmic, maire sortant, défend une approche plus libérale :
« La liberté de création est essentielle. La seule limite doit être celle de la loi. »
Pierre Hurmic, maire de Bordeaux (EELV)
Thomas Cazenave (Renaissance) et Philippe Dessertine (Centre) se rangent également du côté de la liberté d’expression, estimant que le rôle du maire se limite à veiller au respect de la loi. Nordine Raymond (LFI) appuie fermement cette indépendance :
« Ça n’a pas besoin d’être au goût des élus, tant que c’est dans le cadre de la loi. »
Nordine Raymond, (LFI)
Sur le plan financier, un consensus émerge autour de la nécessité de maintenir le budget alloué à la culture. Pierre Hurmic justifie cette position en soulignant que
« Dans les périodes sombres, la culture est une vraie boussole. »
Pierre Hurmic, maire de Bordeaux (EELV)
Thomas Cazenave partage cet avis, estimant que la culture ne relève pas des domaines où des économies peuvent être réalisées. Nordine Raymond propose d’explorer des pistes de financement complémentaires en métropolisation de l’Opéra de Bordeaux, ce qui pourrait dégager des millions d’euros supplémentaires pour l’écosystème culturel local. Philippe Dessertine, quant à lui, plaide pour une recherche active de financements extérieurs, en s’appuyant sur la valeur des artistes et la nécessité de les soutenir. Julie Rechagneux n’a pas précisé sa position sur le maintien ou non de l’enveloppe budgétaire globale.
Les candidats divergent également sur les priorités à accorder en matière de politique culturelle. Thomas Cazenave souhaite utiliser le label de Capitale européenne de la culture pour
« se redonner une ambition collective »
Thomas Cazenave, (Renaissance)
et fédérer les acteurs locaux. Pierre Hurmic rejette cette approche, estimant qu’il ne faut pas opposer culture d’élite et pratiques culturelles quotidiennes. Nordine Raymond propose de concilier ambition et valeurs en créant un « festival de la paix », basé sur l’humanisme et la mémoire. Philippe Dessertine prône une approche globale, combinant l’organisation d’événements d’envergure (comme une foire d’art moderne) et le soutien aux initiatives locales (en développant l’Escale du livre et en favorisant le lien entre culture et tourisme). Julie Rechagneux propose quant à elle une « Fête des quatre saisons » mettant en valeur les producteurs ruraux et les banquets champêtres.
Enfin, les candidats ont exposé leurs idées pour favoriser l’accès à la culture dans les quartiers périphériques. Thomas Cazenave souhaite optimiser l’utilisation des salles existantes, comme La Pergola à Caudéran, et étendre des événements comme la Fête du vin à l’ensemble des quartiers. Nordine Raymond souligne le manque d’équipements culturels dans certains quartiers (Aubiers, Bastide, Bacalan) et propose de créer des espaces dédiés aux initiatives locales. Pierre Hurmic privilégie l’investissement dans l’espace public et le développement de lieux de proximité, notamment en dédiant une partie de la Bourse du travail aux pratiques amateurs. Philippe Dessertine insiste sur la nécessité d’une approche globale, intégrant la culture dans le développement économique local et le soutien aux ateliers d’artistes et aux théâtres de poche.