Publié le 6 février 2025 à 15h52. Des contrefaçons particulièrement audacieuses, allant de biberons pour nourrissons à des couverts design, ont été récompensées par le prix négatif « Plagiarius » à Francfort, mettant en lumière l’ampleur croissante du plagiat industriel.
- Une entreprise chinoise a remporté le premier prix pour une imitation de biberons pour bébés de la société néerlandaise Koninklijke Philips, suscitant des inquiétudes quant à la qualité des matériaux utilisés.
- Le prix spécial a été attribué à des copies de couverts « KLIKK » et « KLIKK Pocket » de la société allemande Koziol, signalant une vague de contrefaçon dans ce secteur.
- L’association Plagiarius dénonce les risques pour la santé et la sécurité des consommateurs liés à ces produits contrefaits, ainsi que les dommages causés aux entreprises innovantes.
C’est à Francfort que dix entreprises se sont vues remettre, vendredi dernier, le prix négatif « Plagiarius » pour leurs imitations particulièrement flagrantes de produits existants. Fondée en 1977, l’association Plagiarius vise à sensibiliser à la valeur de la propriété intellectuelle et à encourager l’innovation des entreprises et des créateurs, comme l’a indiqué l’organisation à l’occasion de la 50e cérémonie de remise des prix au salon des biens de consommation Ambiente.
Le premier prix a été décerné à une entreprise chinoise pour avoir reproduit un ensemble de biberons pour nouveau-nés de Koninklijke Philips, une société néerlandaise. Selon Plagiarius, ces contrefaçons se caractérisent par un prix extrêmement bas et soulèvent des doutes quant à la qualité et à la conformité des plastiques utilisés. Les contrefaçons ont été fabriquées en Chine et distribuées en ligne, via les réseaux sociaux, ainsi qu’en Amérique latine, au Nigeria et en Asie du Sud-Est. Le prix, un cinquième de celui de l’original, et les photos des « usines » des contrefacteurs ont alimenté les inquiétudes : « Conditions d’hygiène ? Plus que discutables ! »

Le numéro un de « Plagiarius » : à gauche l’original, à droite le faux flagrant.Image © Aktion Plagiarius eV
Le deuxième prix a récompensé la contrefaçon d’un mitigeur de lavabo de l’entreprise allemande Hansgrohe. Les imitations se distinguent par des matériaux et une finition de qualité inférieure. Plagiarius souligne que la détection de ces réseaux criminels représente un coût important pour les fabricants de marques. Hansgrohe a cependant réussi à démanteler le réseau de contrefacteurs après des mois de recherche en collaboration avec les autorités locales.

Hansgrohe a réussi à éliminer pour le moment la contrefaçon (à droite) du marché.Image © Aktion Plagiarius eV
Enfin, le troisième prix a été attribué à une imitation d’une chaise longue empilable classique, conçue en 1966 par Rolf Heide. Si l’original se distingue par sa robustesse, sa facilité de montage et son design intemporel, la copie proposée par la société française La Redoute est critiquée pour sa qualité inférieure et son instabilité. Les clients ont dénoncé un produit « bon marché, mal fabriqué et instable ».

Il semble presque identique, mais ne sert à rien : l’imitation (ci-dessous).Image © Aktion Plagiarius eV
Un prix spécial a également été décerné pour les nombreuses contrefaçons de couverts « KLIKK » et « KLIKK Pocket » de la société Koziol, une véritable « vague de plagiat » selon l’association. Alors que les produits originaux sont robustes, passent au lave-vaisselle et sont 100 % recyclables, les imitations sont souvent de qualité inférieure et leur conformité aux réglementations européennes en matière de matériaux et de sécurité est « plus que discutable ».
Le trophée du prix « Plagiarius » est une naine noire au nez doré. Le nez symbolise les profits réalisés par les contrefacteurs aux dépens des entreprises créatives et de l’industrie. Le jury, composé de membres changeant chaque année, décerne le prix chaque année.
L’année dernière, une pince copiée sans vergogne, un panier de vélo et un service de porcelaine de 35 pièces avaient déjà reçu le prix « Plagiarius ».