Le prochain volet de la saga horrifique « Scream » s’apprête à battre des records au box-office, malgré un appel au boycott lancé par des militants pro-palestiniens suite au renvoi de l’actrice Melissa Barrera. L’affaire soulève des questions sur la liberté d’expression et la cohérence des studios de cinéma face aux prises de position politiques de leurs employés.
« Scream 7 », dont la sortie est prévue ce week-end, devrait récolter entre 40 et 45 millions de dollars (environ 37 à 42 millions d’euros) lors de son premier week-end d’exploitation en Amérique du Nord. Si ces prévisions se confirment, il s’agirait du meilleur démarrage de la franchise, un succès qui dément l’efficacité de l’appel au boycott.
Le cœur du débat réside dans le renvoi de Melissa Barrera, qui incarnait le rôle principal dans les deux derniers films de la série. Elle a été écartée de « Scream 7 » en raison de messages qu’elle a partagés sur les réseaux sociaux, jugés antisémites par la société de production Spyglass. Après le début du conflit à Gaza en 2023, Barrera avait relayé une publication accusant Israël de « génocide et de nettoyage ethnique », ainsi qu’un article de magazine alléguant que le gouvernement israélien déformait « l’Holocauste pour stimuler l’industrie israélienne des armements ».
Des manifestants pro-palestiniens ont dénoncé cette décision, arguant qu’elle violait le droit à la liberté d’expression de l’actrice. Une trentaine de personnes se sont rassemblées devant le cinéma lors de la première de « Scream 7 » à Los Angeles, scandant des slogans tels que « Free Palestine » (Libérez la Palestine) et « stand for free speech » (soutenir la liberté d’expression).
L’affaire met en lumière une certaine hypocrisie des studios de cinéma en matière de liberté d’expression. Certains artistes, comme Bette Midler et Alec Baldwin, semblent pouvoir s’exprimer librement sans craindre de conséquences professionnelles, tandis que d’autres, à l’instar de Gina Carano, ont été licenciés pour des publications sur les réseaux sociaux jugées moins controversées. En août 2025, Disney et Lucasfilm ont d’ailleurs réglé le litige avec Gina Carano et ont exprimé leur souhait de collaborer à nouveau avec l’actrice.
Les commentaires de Melissa Barrera étaient jugés « grossiers et inexacts », mais la question de savoir s’ils justifiaient un renvoi reste ouverte. Le débat est d’autant plus complexe que les mêmes manifestants semblent souvent peu disposés à tolérer les opinions divergentes. Des incidents similaires se sont produits dans le milieu universitaire, notamment en Grande-Bretagne le mois dernier, ainsi que dans le monde des arts, où des artistes comme Michael Rapaport ont été harcelés par des manifestants pro-palestiniens en raison de ses opinions et de son soutien à Israël. L’objectif était de l’empêcher de se produire, et bien que cela n’ait pas toujours été le cas, cela a eu un impact sur ses spectacles. Des personnalités comme Bari Weiss ont également été victimes de pressions similaires.
« La liberté d’expression, dites-vous ? Mieux vaut la pratiquer ou bien asseyez-vous », semble être le message implicite.