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Sur l’IA et les centres de données, les législateurs des États trouvent un accord bipartisan : NPR

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Les États américains, habituellement divisés sur des questions partisanes, se montrent étonnamment unis sur deux enjeux majeurs : la régulation de l’intelligence artificielle (IA) et le contrôle de la prolifération des centres de données énergivores qui la rendent possible. Des gouverneurs de bords politiques opposés aux législateurs de tous horizons s’accordent à vouloir encadrer ces technologies.

Ron DeSantis, gouverneur républicain de Floride, soutient une législation, baptisée « Déclaration des droits de l’intelligence artificielle », qui vise à protéger les citoyens contre les abus potentiels de l’IA. Ce projet de loi, actuellement en discussion au Sénat de l’État, interdirait l’utilisation du nom, de l’image ou de la ressemblance d’une personne sans son consentement, exigerait l’autorisation parentale pour les interactions des mineurs avec les chatbots, et obligerait les robots à se présenter comme des entités non humaines. « Je crains vraiment que si ce problème n’est pas traité de manière intelligente et appropriée, cela pourrait déclencher une ère d’obscurité et de tromperie », a déclaré DeSantis en présentant le projet de loi, estimant que les entreprises technologiques privilégient les profits à la sécurité des utilisateurs.

Kathy Hochul, gouverneure démocrate de New York, va plus loin. Son État exige déjà que les chatbots s’identifient comme non-humains et elle souhaite désormais interdire leur utilisation dans les applications de réseaux sociaux destinées aux moins de 18 ans, ainsi que limiter leurs interactions avec les jeunes. « Nous allons désactiver certaines fonctionnalités associées », a-t-elle déclaré lors d’une intervention publique. Elle propose de transférer la responsabilité de la protection des enfants aux entreprises technologiques plutôt qu’aux parents.

Même l’administration Trump, qui avait tenté d’empêcher les États de réglementer l’IA par le passé, semble désormais moins opposée à cette tendance. Presque tous les États américains ont actuellement un projet de loi visant à encadrer l’IA, allant de l’obligation de supervision humaine des décisions automatisées à l’interdiction de la surveillance par l’IA pour manipuler les prix.

Parallèlement, la demande croissante d’IA entraîne une multiplication des centres de données, gourmands en électricité et en eau. Cette situation suscite des inquiétudes au niveau des États. En Floride, les législateurs s’interrogent sur l’impact sur le réseau électrique, la consommation d’eau et les coûts pour les résidents. DeSantis estime que les arguments en faveur des centres de données, tels que la création d’emplois ou la réduction des impôts fonciers, sont exagérés.

D’autres États, comme le Dakota du Sud et l’Oklahoma, cherchent à limiter l’impact de la croissance des centres de données et à préserver les pouvoirs des autorités locales en matière de réglementation. Trump a quant à lui déclaré que les entreprises technologiques devraient assumer leurs propres besoins en électricité, allant jusqu’à suggérer qu’elles construisent leurs propres centrales électriques. Son administration souhaite également les obliger à payer davantage pour l’électricité afin de limiter les hausses de prix pour les consommateurs.

New York et le Maine, à l’instar de l’Oklahoma, envisagent même un moratoire temporaire sur la construction de nouveaux centres de données. Au Colorado, une proposition exige que ces centres utilisent des énergies renouvelables. De nombreux États, qu’ils soient dirigés par des républicains ou des démocrates, explorent également le développement de l’énergie nucléaire pour alimenter l’IA.

Les entreprises technologiques s’opposent à ces mesures et investissent dans des campagnes politiques pour faire entendre leur voix. Elles affirment qu’il serait impossible de respecter des réglementations différentes dans chaque État et que cela pourrait freiner l’innovation.

Au-delà de l’IA et des centres de données, les législateurs américains s’accordent également sur la nécessité de trouver des solutions à la crise du logement. En Floride, un projet de loi visant à assouplir les restrictions sur les logements accessoires a reçu un soutien bipartisan. DeSantis souhaite réduire les impôts fonciers pour rendre le logement plus abordable, une proposition qui suscite toutefois des inquiétudes chez les démocrates, qui craignent un impact négatif sur les finances locales.

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