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Procès pour mort de froid au Großglockner

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Un alpiniste du Tennengau est jugé à Innsbruck pour avoir laissé sa compagne mourir d’hypothermie sur le Großglockner, la plus haute montagne d’Autriche, en janvier 2025. L’accusé, qui plaide non coupable, est soupçonné d’avoir mis en danger la vie de la jeune femme, inexpérimentée en alpinisme, en l’abandonnant dans des conditions météorologiques extrêmes.

Le procès, qui a débuté jeudi matin devant le tribunal régional d’Innsbruck, suscite un vif intérêt médiatique. Selon l’accusation, l’alpiniste a commis « une multitude d’erreurs » en laissant sa petite amie seule, à plus de 3 000 mètres d’altitude, dans des vents de tempête atteignant 70 km/h et des températures glaciales. L’avocat de la défense, Kurt Jelinek, a quant à lui souligné la « situation vraiment difficile » à laquelle son client a été confronté.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du 18 au 19 janvier 2025, au Stüdlgrat, dans le Tyrol oriental. Après 15 heures d’ascension, l’accusé aurait quitté sa compagne, sans couverture de secours, sans sac de bivouac, ni abri. Il affirme qu’il cherchait de l’aide, mais qu’il n’y avait personne d’autre sur la montagne.

L’accusation met en avant le fait que l’alpiniste, considéré comme un guide expérimenté, aurait dû anticiper les difficultés et ne pas se trouver dans une situation où il devait abandonner sa partenaire. Le procureur Johann Frischmann a déclaré : « Il n’aurait jamais dû se trouver dans la situation de laisser la femme derrière lui. » Il a également précisé que la jeune femme était « inexpérimentée » et que le couple manquait d’équipement adéquat.

L’avocat de la défense a évoqué la possibilité d’une infection virale ayant affecté les capacités de la jeune femme, ce qui aurait entraîné une rapide dégradation de son état. « Rétrospectivement, un rapport médico-légal a été établi. Ils ont juste constaté qu’il y avait une infection virale. C’est peut-être la raison de la baisse rapide des performances », a-t-il expliqué. L’accusé, selon son avocat, est « infiniment désolé » pour ce qui s’est passé.

Par ailleurs, la mère de la victime a pris publiquement la défense de l’alpiniste, estimant que la mort de sa fille est le résultat d’une série de circonstances malheureuses. Elle a qualifié les critiques à l’encontre de l’alpiniste de « chasse aux sorcières », soulignant que sa fille était une alpiniste expérimentée.

À ce stade, les services de secours en montagne, la police alpine et la police aérienne rejettent les allégations selon lesquelles les secours auraient été retardés. Quinze témoins seront entendus lors du procès à Innsbruck. Si l’alpiniste est reconnu coupable d’homicide par négligence, il risque une peine de prison allant jusqu’à trois ans.

Selon le ministère public, la situation de la jeune femme s’est détériorée progressivement, et il n’y a eu aucun appel d’urgence lorsque l’équipage d’un hélicoptère de la police a survolé la zone pour évaluer la situation. L’avocat de l’accusé a précisé que son client avait contacté la police alpine à 00h35, mais qu’il lui avait été informé que l’hélicoptère ne pouvait plus intervenir en raison des conditions météorologiques défavorables.

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