L’ancien joueur de football américain Rashaun Jones est jugé à Miami pour le meurtre de son coéquipier, Bryan Pata, survenu en 2006. Après cinq jours de témoignages, l’accusation a clos sa présentation des preuves mercredi, laissant entrevoir une décision imminente du jury.
L’élément clé de l’accusation repose sur le témoignage vidéo de Paul Conner, un ancien professeur d’écriture de l’Université de Miami. M. Conner avait identifié M. Jones comme l’homme qu’il avait vu quitter les lieux du crime, peu après la fusillade, lors d’une identification policière en 2007, puis de nouveau en 2020. Il a déclaré avoir vu un homme quitter le parking de l’appartement de Pata le soir du meurtre.
Les avocats de M. Jones ont contesté les preuves circonstancielles présentées, mais n’ont pas pu remettre en question le témoignage de M. Conner. Le jury devrait délibérer à partir de jeudi.
Bryan Pata, âgé de 22 ans à sa mort, était un joueur prometteur de football américain à l’Université de Miami, spécialisé en criminologie. Il a été abattu le 7 novembre 2006, après un entraînement. L’affaire est restée non résolue pendant près de deux décennies, jusqu’à l’arrestation de M. Jones en 2021.
Des témoignages ont évoqué des tensions entre M. Jones et M. Pata concernant la relation de ce dernier avec Jada Brody, une ancienne partenaire de M. Jones. L’accusation n’a pas fait témoigner Mme Brody.
Lors d’une interview enregistrée avec le détective Juan Segovia, M. Jones a affirmé ne rien avoir à voir avec la mort de M. Pata, reconnaissant toutefois des altercations verbales et physiques antérieures avec la victime. Il a également admis avoir manqué une réunion d’équipe obligatoire le soir du meurtre, invoquant une suspension pour un contrôle antidopage positif.
Un ancien responsable de la conformité sportive de l’Université de Miami a témoigné que M. Jones avait été informé de sa suspension le jour du meurtre. Des relevés téléphoniques ont également été présentés, contredisant l’affirmation de M. Jones selon laquelle il était resté chez lui toute la nuit.
La police a retrouvé une arme de calibre .38, correspondant au type d’arme utilisée dans le meurtre, mais l’arme du crime n’a jamais été retrouvée. Un expert en armes à feu a témoigné que la balle extraite du crâne de M. Pata provenait probablement d’un revolver de calibre .38.
L’enquête a également révélé des pistes non suivies, notamment une possible prime sur la tête de M. Pata et des menaces de la part de proches de Mme Brody. Les avocats de la défense ont souligné des erreurs dans l’enquête et des dossiers manquants.
M. Jones, âgé de 40 ans, est en détention depuis plus de quatre ans et demi. Il risque la prison à vie s’il est reconnu coupable de meurtre au second degré. Il a refusé un accord de plaidoyer de 15 ans de prison.