Une vague de colère déferle dans le sud-est de l’Espagne après le décès tragique d’une retraitée britannique, retrouvée sans vie dans le camping où elle résidait depuis plus de trente ans. Les autorités suspectent un suicide, alimentant une colère grandissante des résidents face à une situation qu’ils jugent intenable.
Margaret Stewart, 82 ans, aurait mis fin à ses jours dans sa demeure du camping Naturist El Portus, près de Carthagène, dans la région de Murcie. Selon les premières investigations de la Guardia Civil, l’inquiétude quant à son avenir et à celui de son époux, Collin, 89 ans, aurait été le mobile de son geste désespéré. Le couple vivait sur ce site depuis 36 ans, y ayant investi l’essentiel de leurs économies.
Dimanche dernier, plusieurs dizaines de résidents se sont rassemblés sur le site pour exprimer leur indignation. Ils dénoncent une dégradation des conditions de vie qui aurait affecté la santé mentale de Mme Stewart. En cause : l’incertitude croissante quant à la pérennité de leur installation. Il y a deux ans, le site a été acquis par la société Newton Capital SL. Depuis, une politique d’éviction des résidents de longue date est dénoncée, entraînant une chute drastique de la population du camping. Alors qu’ils étaient environ 400 fin 2023, il ne resterait plus que vingt résidents.
Le corps de Margaret Stewart a été découvert vendredi soir. L’enquête ouverte par la Guardia Civil devra faire toute la lumière sur les circonstances de sa mort. Les accusations portées contre Newton Capital sont nombreuses : utilisation de tactiques illégales, restrictions d’accès, et même démolitions de propriétés « sans raison valable ». Des militants écologistes soulignent par ailleurs l’impact négatif de la construction de nouveaux logements modulaires sur l’environnement local.
La société Newton Capital nie fermement ces allégations, affirmant que toutes les modifications apportées au site sont conformes à la législation. Elle réfute également les accusations d’expulsions forcées.
Selon le journal The Olive Press, des membres de l’association Cala Morena ont défilé dimanche munis de pancartes proclamant « Justice pour Margaret » et de fleurs peintes, rendant hommage à la défunte. Miguel Alamagro, un proche des Stewart, a témoigné des privations subies par le couple : coupures d’eau et d’électricité « pendant des jours », et « une crainte constante de perdre l’accès à leur maison s’ils sortaient ».
Javier Suarez, ancien résident et participant à la manifestation, rappelle qu’en 2023, le conseil municipal de Carthagène avait voté une motion visant à faciliter la médiation entre Newton Capital et les résidents. « Finalement, il fallait qu’il y ait un décès, et nous ne savons pas ce qu’il faudra attendre pour que la situation se débloque », a-t-il déploré.
Le conseil municipal de Carthagène a indiqué que le couple avait refusé à trois reprises l’aide des services sociaux locaux pour trouver un nouveau logement. « C’était la solution proposée, mais voulaient-ils vraiment aller dans un endroit qui ne leur appartenait pas ? », interroge M. Suarez. « Ils voulaient juste rester chez eux et que quelqu’un leur explique pourquoi ils devaient déménager. »
Si vous traversez une période difficile, n’hésitez pas à contacter les Samaritains au 116 123. Ce service gratuit est disponible 24h/24 et 7j/7. Vous pouvez également écrire à jo@samaritans.org.