Publié le 2025-10-24 12:48:00. Junts est sur le point de décider d’une rupture avec le gouvernement de Pedro Sánchez. La pression interne, notamment due à la montée de l’Aliança Catalana dans le monde municipal, pousse Carles Puigdemont à convoquer une réunion exécutive à Perpignan pour accélérer cette décision cruciale.
- Junts semble déterminé à rompre l’accord avec le PSOE, invoquant un non-respect des engagements.
- La montée de l’Aliança Catalana dans les municipalités catalanes inquiète la direction de Junts.
- Une réunion de l’exécutif de Junts est prévue à Perpignan pour trancher sur l’avenir de l’alliance avec Pedro Sánchez.
La réunion de l’exécutif de Junts, initialement non programmée, a été convoquée en urgence. Elle intervient au lendemain d’une sortie remarquée de la porte-parole du parti à Madrid, Míriam Nogueras, auprès du chef du gouvernement. Lors d’une séance de contrôle, elle avait lancé à Pedro Sánchez :
« Au lieu de parler du changement d’heure, nous devrions parler de l’heure du changement. »
Míriam Nogueras, porte-parole de Junts au Congrès
Ces propos, qualifiés de « théâtre » et dédaignés par La Moncloa, n’ont pas été bien reçus par Junts, qui estime que le PSOE ne prend pas leur démarche au sérieux.
Depuis des mois, des voix s’élèvent au sein du parti indépendantiste pour dénoncer le manque d’avancées concrètes concernant l’accord de Bruxelles, signé fin 2023 par Santos Cerdán et Jordi Turull. Les partisans de cette rupture estiment que Salvador Illa « boycotte de manière permanente » les engagements. L’accord, qui avait fait l’objet d’une première contestation majeure en décembre dernier lorsque Junts avait tenté de forcer une question de confiance pour Sánchez, a bénéficié de plusieurs prolongations de la part du médiateur international, dans l’espoir d’une issue négociée. Cependant, les progrès restent minces.
C’est l’inquiétude grandissante des maires, qui craignent de perdre leurs mandats au profit de l’Aliança Catalana si la situation actuelle perdure, qui a sonné l’alarme il y a une semaine. Plusieurs élus se sont même rendus à Waterloo (Belgique) pour lancer un ultimatum interne à la direction, demandant une décision rapide quant à l’avenir de la relation avec le PSOE. Bien que Carles Puigdemont n’ait pas reçu ces élus directement, Jordi Turull aurait pris le relais. Cette pression a relancé l’ensemble du processus de décision sur la rupture ou le maintien de l’accord de Bruxelles.
Si Junts optait pour une rupture, une décision potentiellement annoncée dès lundi après la réunion à Perpignan, les conséquences réelles restent à évaluer. Comme le rapportait ABC il y a quelques semaines, Míriam Nogueras et ses troupes avaient déjà adopté une stratégie de refus systématique lors des votes au Congrès des députés depuis la fin de l’été. Dans ce contexte, une rupture formelle n’aurait qu’un impact pratique limité. L’option d’une motion de censure pour renverser Pedro Sánchez, scénario toujours exclu par Junts jusqu’à présent, a néanmoins refait surface ces derniers jours.