Home Économie « Quand j’ai poussé la maison, » …

« Quand j’ai poussé la maison, » …

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Publié le 2025-10-05 14:43:00. L’endettement moyen des ménages sud-coréens atteint des sommets historiques, pesant particulièrement sur les générations trentenaires et quarantenaires, grappling avec la hausse des prix immobiliers. Les nouvelles réglementations gouvernementales, censées assainir la situation, accentuent paradoxalement les difficultés d’accès au crédit pour les citoyens.

  • Le solde moyen des prêts par ménage sud-coréen a atteint un niveau record de 96,6 millions de wons (environ 65 000 euros).
  • Les générations nées entre les années 1970 et 1990, confrontées à une envolée des prix immobiliers, sont les plus touchées par cette dette croissante.
  • Les mesures gouvernementales visant à resserrer les conditions de prêt inquiètent quant à leur impact sur l’accès au financement pour les populations moins aisées.

« Il fallait acheter une maison, c’était une opportunité unique pour toute une vie. » Cette pensée, commune il y a encore quelques années dans un marché immobilier sud-coréen en surchauffe, semble aujourd’hui amère. De nombreuses familles se retrouvent aujourd’hui au bord de l’asphyxie financière. Les générations dites « 3040 » (celles nées entre 1970 et 1990), qui avaient contracté d’importants emprunts pour acquérir un logement dont le prix a grimpé en flèche, doivent désormais faire face à une augmentation des taux d’intérêt. Dans ce contexte, les autorités financières et le gouvernement multiplient les mesures restrictives sur l’octroi de crédits.

La Corée, un pays sous le poids de l’endettement : quelles causes ?

Les statistiques officielles de la Banque de Corée dressent un tableau préoccupant : au deuxième trimestre de l’année en cours, le solde moyen des prêts par ménage a atteint 96,6 millions de wons, un record absolu. Cette tendance est particulièrement marquée chez les 30-40 ans, où le prêt moyen dépasse les 121 millions de wons pour les quarantenaires et atteint 84,5 millions de wons pour les trentenaires. Sur seulement cinq ans, ces montants ont augmenté de 21,5 % et 27,3 % respectivement.

Derrière cette escalade de la dette se cache l’instabilité du marché immobilier. Selon les données de KB Real Estate, les prix des appartements à Séoul ont connu une hausse spectaculaire de 43 % au cours des cinq dernières années. La peur de manquer le coche et de ne pas pouvoir accéder à la propriété a ainsi poussé une frange importante de la population à s’endetter lourdement.

💡 Pourquoi les générations 30-40 ans ont-elles contracté d’importantes dettes ?

Face à un marché immobilier fluctuant, les générations 30-40 ans ont ressenti une forte pression pour s’établir. L’augmentation de 43 % des prix des appartements à Séoul sur cinq ans a conduit de nombreuses personnes à recourir massivement aux prêts pour acquérir un bien immobilier.

  • Instabilité du marché immobilier.
  • Forte hausse des prix des appartements à Séoul.
  • Accroissement des prêts sous la pression de l’acquisition immobilière.

La situation au Japon, par contraste, est notablement différente. Bien que les prix à Tokyo soient également élevés, on n’y observe pas de phénomène de panique d’achat similaire, les fluctuations étant plus mesurées. Fort de l’expérience douloureuse de l’éclatement de la bulle immobilière dans les années 1990, le Japon considère le logement davantage comme un lieu de vie stable que comme un actif d’investissement. Cela a favorisé une culture où la location est souvent préférée à l’achat.

Le gouvernement, tardivement réactif, face à la crise

Les réglementations gouvernementales sur les prêts sont-elles appropriées ?

Face à cette dégradation de la situation, le gouvernement sud-coréen a décidé de durcir sa politique. Il est envisagé d’augmenter le « poids du risque » que les banques doivent provisionner lorsqu’elles accordent des prêts hypothécaires. Cette mesure vise à rendre le crédit immobilier plus coûteux pour les banques, et par conséquent, à réduire leur offre.

Les autorités financières estiment que cette manœuvre pourrait entraîner une diminution de l’offre de prêts hypothécaires d’environ 27 billions de wons (environ 18 milliards d’euros) l’année prochaine.

Cependant, cette approche suscite des critiques. Des voix s’élèvent pour déplorer que ces mesures ne fassent qu’aggraver la situation des citoyens ordinaires. Un responsable du secteur financier s’inquiète : « Si le seuil de prêt augmente, le risque pour les personnes ordinaires ayant besoin de fonds sera de se voir refuser l’accès aux financements institutionnels et de risquer de tomber entre les mains de prêts à taux élevés ou de finances privées illégales. »

Des cas de refus de prêt sont déjà signalés parmi les populations vulnérables, celles disposant d’un faible score de crédit ou manquant de garanties suffisantes.

Si la nécessité de stabiliser le marché immobilier est indéniable, le gouvernement, en opérant un revirement aussi brusque dans une société déjà fortement endettée, fait peser le poids des ajustements sur ses citoyens.

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