Publié le 2025-10-19 07:01:00. De son nom complet Mary Audrey Whitty, la directrice de la Bibliothèque Nationale d’Irlande se confie dans un entretien où elle partage ses réflexions sur la vie, la carrière et ses racines irlandaises. De sa vision du consensus à ses souvenirs d’enfance, elle dévoile une personnalité ancrée dans la tradition tout en embrassant la modernité.
Interrogée sur l’importance du consensus, Dr Whitty affirme y adhérer pleinement, soulignant son rôle crucial, particulièrement dans le monde professionnel. Elle privilégie ainsi la diplomatie à toute forme d’agressivité, une approche qui transparaît dans ses valeurs.
Son deuxième prénom, Mary, d’origine irlandaise traditionnelle, contraste avec Audrey, un choix plus atypique pour une personne née en 1977. « Ma mère aimait juste ce nom, alors elle a dû décider qu’elle devait l’équilibrer avec la tradition de Marie », explique-t-elle.
Quant à son lieu de prédilection en Irlande, c’est la Baie du Dollar à Wexford, une plage « préservée » et peu connue des touristes, bien que sa popularité ait grandi depuis la pandémie avec l’essor du tourisme intérieur.
Se décrivant en trois mots, elle choisit « enthousiaste, déterminé et résilient ». Elle attribue son enthousiasme à un « amour de la vie, des gens, et une curiosité naturelle ». Sa détermination se manifeste par une concentration sur ses objectifs, tandis que sa résilience s’inspire, entre autres, d’une citation de Samuel Beckett sur l’importance de persévérer face aux échecs.
L’une des dernières fois où elle a ressenti de la colère remonte à un concert où elle a observé des jeunes filles habillées de manière jugée inappropriée pour leur âge. Cette situation l’a préoccupée quant à la pression subie par la jeunesse pour « grandir trop vite ».
Si elle pouvait retrouver quelque chose de perdu, ce seraient des êtres chers disparus, tels que ses grands-mères et son grand-père. Elle mentionne également Mary Boydell, une figure marquante qui a soutenu sa carrière, rappelant que la mémoire, notamment conservée par des institutions comme la Bibliothèque Nationale d’Irlande, est « l’essence même de [sa] vie ».
Son plus fort souvenir d’enfance est lié à un déménagement de Gorey à Swords, à l’âge de moins de cinq ans. Elle évoque l’excitation de découvrir un nouvel environnement tout en restant connectée à ses proches, une dualité entre vie urbaine et rurale qu’elle considère comme une chance.
En tant qu’aînée de trois enfants, elle ressent un « sentiment de responsabilité » qui, selon elle, définit particulièrement les filles aînées dans la culture irlandaise. Elle compare cette position à celle d’un « enfant unique qui aurait des frères et sœurs », une description qui lui semble juste.

Concernant l’au-delà, Dr Whitty espère un lieu comme le paradis, mais insiste surtout sur le lien avec les ancêtres. Son étude de la culture asiatique a renforcé cette idée de connexion ancestrale, qu’elle aborde avec la perspective de l’archéologue consciente de la « longévité de l’existence humaine ».
C’est au cours de la dernière décennie et demie qu’elle se sent le plus heureuse, une période marquée par son mariage et ses deux enfants. Loin de regretter de vieillir, elle apprécie cette évolution, estimant qu’elle la rend plus intéressante, à l’image de son parcours d’archéologue.
Pour incarner son personnage dans un éventuel biopic, elle cite Helena Bonham Carter pour son intensité, ou Saoirse Ronan, qu’elle juge actuellement trop jeune mais pleine de potentiel.
Son plus grand regret concerne le temps passé auprès de son grand-père. Elle regrette de ne pas avoir pu lui poser davantage de questions sur ses expériences, notamment durant la guerre d’indépendance, faute d’avoir été suffisamment âgée au moment de son décès.
Elle admet un manque de patience, qu’elle considère comme son plus mauvais trait, tant sur le plan personnel que professionnel. Elle estime qu’il est essentiel de passer de la réflexion à l’action sans délai excessif.