Taylor Swift, la reine de la pop, rend hommage à une icône d’Hollywood dans son dernier album, « The Tortured Poets Department ». La piste numéro deux, intitulée « Elizabeth Taylor », est un clin d’œil évident à l’actrice légendaire, une référence récurrente dans l’univers de la superstar. La popstar avait déjà évoqué cet amour cinématographique dans son tube « Ready For It? », avec la phrase « Burton à ce Taylor », faisant référence à Richard Burton, l’un des grands amours de la vie de l’actrice.
Dans ce nouvel opus, Swift semble dédier cette chanson à son compagnon, Travis Kelce. Les paroles, « Pensez-vous que c’est pour toujours ? », résonnent avec l’histoire d’amour d’Elizabeth Taylor. La mention de Portofino et du Plaza Athénée fait écho à la demande en mariage de Burton à Taylor dans ce lieu emblématique, un souvenir cher à l’actrice. La chanson dépeint une vision romantique, peut-être une projection des aspirations de la chanteuse concernant sa propre relation.
L’ombre d’Elizabeth Taylor plane tout au long du morceau. Swift imagine les conséquences d’une rupture, murmurant « Je pleurerais mes yeux violets », une allusion directe à la couleur emblématique des yeux de l’actrice. Le lien est scellé par une référence au parfum de Taylor, « White Diamonds », dans les vers « Tous mes diamants et amoureux blancs sont pour toujours. »
Elizabeth Taylor, dont la carrière a débuté dès l’enfance, a marqué le cinéma hollywoodien. Elle a été récompensée par deux Oscars : le premier en 1961 pour son rôle dans « Butterfield 8 », le second en 1967 pour sa performance dans « Qui a peur de Virginia Woolf ? ». L’ancien critique de cinéma de Time, Richard Corliss, la décrivait en 2011 comme une actrice capable d’incarner des femmes d’une « bonhomie et d’une passion inhabituelles », trouvant dans chaque rôle un « point de départ d’un voyage créatif au carrefour de la féminité moderne, ou du proto-féminisme, et de la qualité des étoiles sans âge ».
Dès 1949, à l’apogée de sa gloire au sein du studio MGM, Elizabeth Taylor faisait la une du magazine Time. Dans un portrait de l’époque, elle exprimait son désir de briser son image glamour : « Ce que j’aimerais vraiment jouer », s’exclamait-elle avec fougue, ses yeux lançant des « étincelles de saphir » à l’évocation de son avenir cinématographique.
Au-delà des plateaux de cinéma, Elizabeth Taylor a vécu une vie personnelle mouvementée, marquée par huit mariages et sept divorces. Parallèlement, elle s’est distinguée par son engagement philanthropique, co-fondant l’American Foundation for AIDS Research et collectant près de 100 millions de dollars pour les malades. Malgré les épreuves, elle a toujours conservé son aura. Comme le soulignait Richard Corliss dans sa nécrologie, elle fut une « championne infatigable à travers de nombreuses maladies : cancer de la peau, tumeur au cerveau (bénigne), blessures aux hanches et au dos ». En 2005, elle confiait : « Je me déplace maintenant en fauteuil roulant, mais je me déplace ». La grande dame était aussi une femme de caractère.