Publié le 17 février 2026 18:19:00. Un phénomène numérique intrigue : de plus en plus d’internautes s’identifient comme des « thériens », des personnes qui ressentent une profonde connexion avec un animal. Cette tendance, apparue dans les années 1990, gagne en popularité sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, mais soulève des questions sur ses origines et ses implications.
- Le terme « thérien » vient des mots grecs « thérion » (bête) et « anthropos » (humain) et désigne une identité où l’individu s’identifie à un animal spécifique, appelé « thériotype ».
- Les thériens se distinguent des « furries », qui s’intéressent à l’art anthropomorphe mais ne se considèrent pas comme des animaux.
- Des spécialistes soulignent que ce phénomène peut être une forme d’expression identitaire, mais qu’il est important d’évaluer la souffrance émotionnelle potentielle qui peut s’y cacher.
Le terme « thérien » suscite une curiosité grandissante, alimentée par la popularité de TikTok et d’autres plateformes en ligne. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Le phénomène, bien que récemment mis en lumière, remonte aux communautés numériques des années 1990, selon le média Profil. Il désigne des individus qui ressentent une identification profonde et non conventionnelle avec un animal, une connexion qui va au-delà d’une simple affection.
L’étymologie du mot est révélatrice : il combine les mots grecs « thérion » (bête) et « anthropos » (humain). Au sein de cette communauté, chaque personne identifie un « thériotype », l’animal auquel elle se sent le plus proche. Les animaux les plus fréquemment cités sont les loups, les chiens et les félins, mais l’identification peut également porter sur des oiseaux, des reptiles ou d’autres espèces.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les thériens insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un simple loisir ou d’un déguisement. C’est une part intégrante de leur perception d’eux-mêmes. Des rencontres sont même organisées dans divers pays, permettant aux personnes se reconnaissant comme thériennes de partager leurs expériences et de se soutenir mutuellement.
Le concept de « thérianthropie » est généralement considéré, selon les études récentes, comme une identité non conventionnelle et non nécessairement un trouble psychologique. La majorité des personnes concernées mènent une vie quotidienne similaire à celle de n’importe qui d’autre.
Il est important de distinguer les thériens des « furries » (en anglais, « velu »). Ceux-ci constituent une sous-culture centrée sur l’intérêt artistique pour les animaux anthropomorphes – des créatures dotées de caractéristiques humaines, comme la capacité de marcher debout, de parler ou de porter des vêtements. Alors que les furries apprécient l’esthétique de ces animaux humanisés, ils ne se considèrent pas eux-mêmes comme étant des animaux.
La communauté furry se manifeste souvent à travers la création de « fur suits », des costumes d’animaux personnalisés, complets, partiels (tête, pattes, queue) ou en trois quarts, portés lors de conventions et d’événements sociaux. L’aspect central de cette communauté est le fandom, un engouement passionné pour un univers spécifique.
Si pour certains, la thérianthropie est un simple jeu ou une forme d’expression juvénile, les spécialistes mettent en garde contre une possible complexité émotionnelle sous-jacente. Le psychanalyste et psychiatre infantile et adolescent Francisco Guerrini explique que l’émergence de ces communautés peut s’inscrire dans un processus générationnel.
« Tout comme les tribus urbaines existaient auparavant, les nouvelles générations cherchent à se différencier en créant leurs propres formes d’identité. »
Francisco Guerrini, psychanalyste et psychiatre d’enfants et d’adolescents
En dialogue avec La Nación, le spécialiste souligne que l’adolescence est une période cruciale dans la construction de l’identité, qui peut se manifester de manière frappante. Il insiste sur l’importance d’évaluer la souffrance émotionnelle qui peut se cacher derrière ces expressions identitaires et met en garde contre certains comportements pouvant être des signaux d’alerte, notamment en cas d’agressivité.
Selon Guerrini, ces phénomènes touchent souvent des jeunes confrontés à des difficultés, en quête d’appartenance et d’une place dans la société.