Publié le 11 septembre 2025, 09:59 (modifié le 7 novembre 2025, 08:15). Alors que le jury du Prix du livre suisse 2025 rendra son verdict le 16 novembre, la rédaction de SRF Culture invite ses lecteurs à désigner leur favori parmi les cinq romans en lice. Une sélection hétérogène, marquée par le retour d’auteures confirmées et l’émergence de nouveaux talents.
- Le Prix du livre suisse 2025 mettra en compétition cinq romans
- Parmi les nommés, des auteurs déjà reconnus et des révélations
- Le palmarès sera dévoilé le 16 novembre prochain à Bâle
Cette année, la compétition pour le prestigieux Prix du livre suisse s’annonce particulièrement relevée. Si aucun premier roman n’a accédé à la courte liste, plusieurs auteurs aux œuvres déjà saluées reviennent sur le devant de la scène. Le jury, qui rendra sa décision le 16 novembre prochain à l’occasion du Festival international de littérature BuchBasel, aura la tâche difficile de départager cinq textes qui ont su marquer l’année littéraire.
« Lazare » de Nelio Biedermann : Une saga familiale aux accents hongrois
Nelio Biedermann, originaire de Zurich, étudie l’allemand et le cinéma. Son héritage familial, marqué par une noblesse hongroise et la fuite de ses grands-parents en Suisse dans les années 1950, nourrit son œuvre.
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Nelio Biedermann signe avec « Lazare » un roman qui plonge au cœur d’une famille noble hongroise, dépossédée de ses biens, de son château et de sa réputation au gré des bouleversements du XXe siècle. L’auteur aborde ce récit avec une sensibilité et une vivacité remarquées, rencontrant un succès immédiat. Avant même sa parution en version originale allemande, le roman était déjà promis à une traduction dans vingt pays, une consécration pour un auteur encore peu connu du grand public.
« Les Hollandaises » de Dorothee Elmiger : L’exploration d’une jungle narrative
Dorothee Elmiger, auteure et traductrice indépendante basée à New York, a déjà vu ses précédents ouvrages (« Invitation to the Daring », « Sleeper », « From the Sugar Factory ») traduits dans de nombreuses langues.
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Dorothee Elmiger confirme sa place parmi les finalistes du Prix du livre suisse, une distinction qu’elle obtient pour son quatrième roman, « Les Hollandaises ». L’histoire suit une troupe de théâtre s’aventurant dans une jungle menaçante, à la recherche d’un mystérieux cas de disparition. Au fil de leurs découvertes, le lecteur est plongé dans un enchevêtrement de récits intérieurs. Ce roman a déjà été couronné par le Prix du livre allemand.
« Nous n’avons jamais été dans la mer » de Meral Kureyshi : Chroniques du quotidien et liens intergénérationnels
Meral Kureyshi, arrivée en Suisse en 1992, réside à Berne. Son premier roman, « Éléphants dans le jardin », a été récompensé par plusieurs prix et traduit dans de nombreuses langues.
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Dans « Nous n’avons jamais été dans la mer », Meral Kureyshi explore la vie d’une narratrice qui élève son fils avec sa meilleure amie d’enfance, tout en s’occupant de Lili, une résidente en maison de retraite. À travers des scènes du quotidien, l’auteure dépeint les relations évolutives, le vieillissement et les séparations. Déjà finaliste en 2015 pour son premier roman « Éléphants dans le jardin », Meral Kureyshi voit son nouvel ouvrage récompensé par un prix littéraire du canton de Berne.
« Prédestination enchantée » de Jonas Lüscher : Une réflexion existentielle
Jonas Lüscher, philosophe et auteur, avait remporté le Prix suisse du livre 2017 pour son roman « Kraft ». Ses ouvrages sont traduits dans plus de vingt langues. Il vit à Munich.
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Jonas Lüscher, lauréat du Prix du livre suisse en 2017, explore dans « Prédestination enchantée » une expérience existentielle, celle d’un patient sorti du coma grâce aux avancées technologiques. Le roman, acclamé par la critique et nominé pour le Prix du livre allemand, a également reçu le prix de littérature Wilhelm Raabe.
« Grands-mères » de Melara Mvogdobo : Regards croisés sur l’oppression
Après des études en éducation, Melara Mvogdobo a vécu en République Dominicaine, au Cameroun et en Suisse. Elle a notamment enseigné auprès de jeunes traumatisés.
Mélara Mvogdobo
« Grands-mères » pourrait bien être la surprise de cette édition du Prix du livre suisse, tant le roman de Melara Mvogdobo a été peu commenté lors de sa sortie. L’auteure y met en scène deux figures maternelles, l’une issue d’un milieu modeste en Suisse, l’autre issue d’une famille aisée au Cameroun. Les deux femmes ont vécu l’oppression et la dégradation sous des formes diverses.
Un palmarès incertain, une compétition ouverte
Il est difficile de désigner un favori cette année. Meral Kureyshi et Dorothee Elmiger, déjà finalistes par le passé, ont de solides arguments pour remporter le prix. Une victoire de Jonas Lüscher marquerait l’histoire du Prix du livre suisse, devenant le premier auteur à le recevoir à deux reprises.
Les pronostics restent plus incertains pour Nelio Biedermann et Melara Mvogdobo, bien qu’ils aient également une chance de l’emporter. La compétition s’annonce passionnante.