Publié le 22 février 2026 04:01:00. Des astronomes ont identifié un filament galactique exceptionnellement fin, composant essentiel de la toile cosmique, dans la région de la Grande Ourse. Cette découverte, rendue possible grâce à un radiotélescope de nouvelle génération, offre un aperçu inédit de la structure à grande échelle de l’univers et de la manière dont les galaxies s’y forment.
- Un filament de galaxies s’étendant sur environ 50 millions d’années-lumière a été détecté dans la Grande Ourse.
- Cette structure, dominée par la matière noire, agit comme un pont cosmique reliant des galaxies et des amas de gaz.
- La découverte confirme les prédictions des modèles cosmologiques et ouvre de nouvelles perspectives sur la formation et l’évolution des galaxies.
Ce filament, d’une finesse remarquable – son épaisseur est comparable au diamètre d’une galaxie moyenne – contient 16 types de galaxies différents et cinq amas de gaz dépourvus d’étoiles. Les chercheurs ont utilisé le radiotélescope sphérique à ouverture de cinq cents mètres (FAST) pour détecter ce filament en observant l’hydrogène atomique (HI) dans le supergroupe de la Grande Ourse. Cette observation précise représente l’une des traces les plus nettes de ces « fils » qui constituent la toile cosmique, une structure qui dicte le destin et l’évolution des galaxies.
La toile cosmique, principalement composée de matière noire, fonctionne comme un échafaudage gravitationnel sur lequel se construit l’univers observable. Elle influence la distribution des galaxies et des amas de galaxies, les guidant vers des régions de plus forte densité. L’existence de cette toile a été postulée depuis des décennies, mais les instruments astronomiques récents, comme FAST, permettent enfin d’observer ses composants les plus subtils.
L’équipe scientifique a publié ses travaux dans le référentiel scientifique arXiv, soulignant l’importance des filaments dans la structure cosmique. « Les filaments sont des composants cruciaux de la toile cosmique, représentant les distributions étendues et alignées des galaxies et des gaz », expliquent les auteurs de l’étude.
Les observations suggèrent fortement un flux d’accrétion froide le long du filament, un processus par lequel le gaz est canalisé vers les galaxies, alimentant ainsi leur croissance. Ce mince filament devrait, à terme, fusionner avec le supergroupe de la Grande Ourse, contribuant à la formation d’une structure hiérarchique encore plus vaste. La découverte inclut également l’identification d’Osa Maire III/UNIONS 1 (UMa3/U1), l’une des galaxies satellites les plus faibles connues, composée d’environ 60 étoiles, renforçant l’idée que les filaments peuvent abriter des structures galactiques très discrètes.
Selon les chercheurs, l’alignement des galaxies au sein du filament et le gradient de vitesse observé confirment l’hypothèse d’un flux d’accrétion. La matière noire, invisible mais omniprésente, joue un rôle clé dans ce processus, attirant la matière et guidant son mouvement. « L’identification de cet arrangement linéaire distinctif fournit des preuves observationnelles directes de ces composants prédits, mais souvent difficiles à détecter, de la toile cosmique », ont déclaré les responsables de l’étude.
Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles recherches visant à comprendre comment les filaments influencent la formation des galaxies et l’évolution globale de l’univers. Les astronomes espèrent que de futures observations permettront de cartographier la toile cosmique avec une précision encore plus grande, révélant ainsi les secrets de la structure à grande échelle de l’univers.