L’Italie peine à satisfaire les exigences des travailleurs nomades numériques. Malgré des améliorations notables, la qualité de la connexion Internet reste un point faible majeur, particulièrement dans les zones rurales, freinant l’attractivité du pays pour cette nouvelle génération de professionnels.
Pour quiconque envisage de poser ses valises en Italie dans le cadre du télétravail, une question cruciale se pose : la qualité de la connexion Internet dans la région choisie. Si la fiabilité et la vitesse d’accès sont primordiales pour les travailleurs à distance, l’Italie n’est historiquement pas réputée pour exceller dans ce domaine. Bien que des progrès significatifs aient été enregistrés au cours de la dernière décennie, le débit internet transalpin reste en deçà de la moyenne européenne, bien qu’il surpasse encore celui de la Croatie, de l’Autriche et de la Grèce.
Selon une comparaison internationale réalisée par le Fair Internet Report, la vitesse moyenne de connexion en Italie se classait 46ème au niveau mondial en 2025, s’établissant à 117 Mbps. Une amélioration considérable par rapport à début 2017, où plus des deux tiers du territoire italien étaient classés comme « très lents » (moins de 10 Mbps). Aujourd’hui, cette proportion n’est plus que de 16 %.
Le rapport de la Commission européenne, l’Indice de l’économie et de la société numériques (DESI), confirme cette progression. Entre 2017 et 2022, l’Italie a vu son « score DESI », un indicateur clé des avancées numériques au sein de l’UE, s’améliorer de manière notable.
Des disparités géographiques criantes
Où trouver les connexions les plus performantes sur le territoire italien ? Les données récentes du même rapport placent Gênes en tête de liste pour les débits globaux les plus rapides, suivie de Bari, Milan et Rome, qui figurent dans le top 15. Milan se distingue particulièrement par ses vitesses de téléchargement maximales les plus élevées (5 846 Mbps) et le plus grand nombre de fournisseurs disponibles (122). Néanmoins, le pôle économique n’arrive qu’en sixième position, suggérant une qualité de connexion inégale pour certains utilisateurs.
Rome se positionne quant à elle à la 14ème place mondiale, avec une vitesse de téléchargement maximale de 4 913 Mbps et environ 75 fournisseurs. Si ce score est supérieur à la moyenne nationale, il reste relativement modeste pour une capitale européenne majeure. D’autres grandes villes enregistrent des classements moins flatteurs : Turin décroche la 23ème place, suivie de Naples (29ème), Bologne (38ème), Venise (39ème) et Florence (41ème).
Un défi culturel et infrastructurel
L’Italie se retrouve souvent mal classée dans les enquêtes destinées aux expatriés. La dernière étude Expat Insider 2025 d’InterNations place le pays dans le dernier quart en matière de bonheur général, et la « vie numérique » figure parmi les catégories où les insatisfactions sont les plus fréquemment exprimées. Cela englobe la disponibilité des services administratifs en ligne et la facilité d’installation d’un accès internet haut débit à domicile.
Alors que les citadins pourraient espérer des connexions plus rapides, les véritables difficultés se manifestent souvent dans les zones rurales. Un témoignage paru en 2024 dans un média anglophone relate l’expérience d’un résident des environs de Rome contraint de se tourner vers Starlink, un fournisseur satellitaire, faute d’infrastructure adéquate, soulignant ainsi le manque d’options pour les foyers situés loin des grands centres urbains.
Malgré les pressions exercées par la Commission européenne pour une modernisation numérique, le problème revêt une dimension culturelle historique. Les comparaisons internationales révèlent une proportion d’utilisateurs d’Internet moins élevée en Italie qu’ailleurs. En 2017, à peine plus de la moitié des Italiens étaient connectés, contre 85 % des Espagnols. Cette tendance s’inverse cependant rapidement : la proportion d’internautes en Italie est passée de 63 % en 2017 à 89 % en 2024.
Bien que la pandémie ait favorisé le travail à distance, cet effet semble largement temporaire. Les dernières données de l’institut national de statistique (Istat) indiquent que seulement 12 % des employés italiens travaillent désormais à domicile.