Home International Quels sont les points les plus contradictoires du plan de paix Trump pour Gaza que les États-Unis négocient avec Israël et le Hamas

Quels sont les points les plus contradictoires du plan de paix Trump pour Gaza que les États-Unis négocient avec Israël et le Hamas

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Publié le 07 octobre 2025, 13:49 GMT. Mise à jour 56 minutes. Des négociateurs israéliens et du Hamas se rencontrent en Égypte pour des pourparlers indirects visant à mettre fin à la guerre à Gaza, s’approchant d’un accord possible pour la première fois en deux ans. Un plan de paix proposé par Donald Trump sert de cadre aux discussions, mais des points de discorde majeurs subsistent entre les parties.

La ville de Charm el-Cheikh, en Égypte, est le théâtre de pourparlers indirects entre Israël et le Hamas, dans l’espoir de parvenir à un accord de cessez-le-feu et de libération d’otages. Cette initiative marque une avancée significative, alors que le conflit entre les deux parties dure depuis maintenant deux ans.

Le document qui sert de base aux discussions, un plan de paix en 20 points présenté par l’ancien président américain Donald Trump, a été accepté par Israël et partiellement par le Hamas. Cependant, ce cadre, bien que concis, contient plusieurs points de friction majeurs qui nécessitent encore d’être résolus.

La libération des otages au centre des préoccupations

Le plan Trump prévoit la libération de tous les otages dans les 72 heures suivant la conclusion d’un accord. On estime qu’environ 48 otages israéliens sont encore détenus à Gaza, dont une vingtaine seraient vivants. Donald Trump a indiqué que ces libérations pourraient intervenir « très bientôt », tandis que le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a suggéré qu’elles pourraient avoir lieu avant la fin de la fête juive de Souccot, le 13 octobre.

Le Hamas a accepté le principe d’un échange d’otages tel que détaillé dans le plan, à condition que certaines « conditions sur le terrain » soient remplies. Toutefois, la principale monnaie d’échange du groupe étant les otages, il n’est pas certain qu’il soit disposé à les libérer avant que d’autres aspects de l’accord ne soient finalisés. La confiance entre les deux parties est quasiment inexistante, exacerbée par un incident récent où Israël aurait tenté d’éliminer l’équipe de négociation du Hamas lors d’une frappe aérienne à Doha, provoquant la colère du Hamas et de Trump, hôte du Qatar.

Le désarmement du Hamas, un point crucial

L’objectif déclaré d’Israël depuis le début de la guerre est la destruction du Hamas. Benyamin Netanyahou a réaffirmé qu’il ne s’arrêterait pas avant que le groupe ne soit démantelé. Le plan Trump exige explicitement le désarmement du Hamas, une condition que le groupe a jusqu’à présent toujours refusée, ne l’envisageant qu’une fois la création d’un État palestinien confirmée. La réponse du Hamas n’a pas abordé le sujet du désarmement, alimentant les spéculations sur le maintien de sa position. Benyamin Netanyahou a cependant promis que le Hamas serait désarmé et Gaza démilitarisée « pour le meilleur ou pour le pire ».

La gouvernance de Gaza après le conflit

Selon le plan Trump, le Hamas serait exclu de toute participation à l’avenir de Gaza. La gouvernance du territoire serait confiée à un organe de transition composé de technocrates palestiniens, sous la supervision d’un « conseil de paix » présidé par Donald Trump, et incluant notamment l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. À terme, l’Autorité palestinienne (AP) reprendrait le contrôle. Cependant, Benyamin Netanyahou, tout en ayant accepté le plan dans son intégralité, a semblé écarter la participation de l’AP, même dans une instance consultative. Cette position pourrait se heurter à l’opposition des éléments les plus nationalistes de sa coalition, désireux de maintenir un contrôle sur Gaza et d’y rétablir des colonies juives. De son côté, le Hamas a exprimé l’espoir de jouer un rôle dans l’avenir de Gaza dans le cadre d’un « mouvement palestinien unifié », une formulation vague qui risque de ne pas satisfaire les Israéliens et les promoteurs du plan américain.

Retrait israélien et futur de Netanyahou

L’ampleur du retrait militaire israélien constitue un autre point de divergence. Le plan propose un retrait progressif, dont les étapes et les délais restent à définir. Une carte diffusée par la Maison Blanche dessine trois phases, laissant une part significative du territoire sous contrôle israélien, y compris un « périmètre de sécurité » dont la durée est indéterminée. Des incohérences entre les cartes de l’armée israélienne et celles fournies par la Maison Blanche soulignent les ambiguïtés persistantes. Le Premier ministre israélien est sous pression de la part des extrêmes droite de sa coalition, qui menacent de rompre l’alliance gouvernementale si la guerre prend fin sans la destruction du Hamas. Un plan antérieur, évoquant une « Riviera » à Gaza impliquant le déplacement forcé des Palestiniens, semble avoir été abandonné au profit du plan actuel, potentiellement plus difficile à accepter pour ses soutiens les plus radicaux. Parallèlement, Benyamin Netanyahou doit faire face à un procès pour corruption qui reprendra si la guerre cesse. Cependant, la fin du conflit pourrait également lui être politiquement bénéfique, une majorité d’Israéliens souhaitant un accord incluant la libération des otages. Des élections sont prévues en 2026.

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