Publié le 23 février 2026 04:01:00. La demande croissante des géants de l’intelligence artificielle pour les puces mémoire provoque une pénurie mondiale de RAM, entraînant une flambée des prix qui menace de rendre l’achat de nouveaux appareils technologiques plus coûteux pour les consommateurs.
- Les prix de la mémoire RAM ont triplé, quadruplé, voire sextuplé selon le type de puce.
- Cette pénurie affectera la fabrication d’autres composants technologiques, tels que les disques durs, les cartes graphiques et les processeurs.
- Les experts prévoient que la situation ne s’améliorera pas avant 2028, en raison du temps nécessaire à la construction de nouvelles usines de fabrication.
Le monde numérique, reposant sur des milliards de puces intégrées dans nos appareils, est confronté à une crise d’approvisionnement. Cette situation, baptisée « RAMageddon » par les experts, est due à une pénurie critique de mémoire vive (RAM), un composant essentiel fabriqué à partir de puces. La cause principale ? Une demande insatiable de la part des entreprises d’intelligence artificielle (IA).
Ces entreprises, qui construisent les centres de données nécessaires au fonctionnement de modèles de langage avancés tels que ChatGPT, Gemini, Claude, Amazon Q ou Meta AI, monopolisent la production des trois principaux fabricants mondiaux : Micron, Samsung et SK Hynix. Selon TrendForce, une société d’analyse spécialisée dans les semi-conducteurs, la mémoire dédiée à l’IA devrait représenter 70 % de la production mondiale de matériel de mémoire cette année, laissant peu de capacité pour les produits destinés aux consommateurs.
L’impact économique de cette pénurie se fait déjà sentir. IDC estime que la mémoire représente 15 à 20 % du coût des matériaux d’un téléphone de milieu de gamme. Cela signifie qu’un téléphone d’une valeur de 500 dollars (environ 1,8 million de pesos colombiens) pourrait voir son prix augmenter à plus de 2,2 millions de pesos. Des sources du secteur ont révélé à ZDNet Corée qu’Apple pourrait devoir payer 80 à 100 % de plus pour la mémoire ce trimestre, après avoir renégocié ses contrats avec Samsung et SK Hynix.
Le secteur du jeu vidéo ne sera pas épargné. Bloomberg rapporte que le « RAMageddon » aura des conséquences importantes. La Nintendo Switch 2 devrait subir une augmentation de prix significative, tandis que la sortie de la PlayStation 6 de Sony pourrait être retardée jusqu’en 2028 ou 2029. Les fabricants d’ordinateurs de bureau et portables, tels que Lenovo, Dell, HP, Asus et Acer, devraient également augmenter leurs prix de 10 à 30 % dans les premières prévisions.
La situation est aggravée par le fait que trois entreprises – Micron, SK Hynix et Samsung – contrôlent près de 95 % de l’approvisionnement mondial en DRAM. Elles privilégient les contrats lucratifs liés à l’IA, laissant les autres secteurs en difficulté.
La reprise ne sera pas rapide. La construction de nouvelles usines de fabrication prend du temps. Lip-Bu Tan, PDG d’Intel, a déclaré début février au média spécialisé The Verge : « Il n’y aura pas de répit avant 2028 ». Micron a confirmé que sa nouvelle usine dans l’Idaho ne sera opérationnelle qu’à partir du milieu de l’année 2027, et que la « véritable production » ne sera visible qu’en 2028.
Samsung prévoit seulement une augmentation modeste de 5 % de l’offre de puces mémoire cette année. En Colombie, l’impact sur les consommateurs se fera sentir, en particulier pour les gros contrats de fourniture d’ordinateurs et de serveurs conclus par les entités gouvernementales et les grandes entreprises.
Alberto Samuel Yohai, président exécutif de la Chambre colombienne d’informatique et de télécommunications (CCIT), souligne l’importance d’une collaboration étroite : « Il est important que les entités travaillent main dans la main avec les entreprises fournisseurs et les fabricants pour élaborer des plans d’action dans leurs achats d’équipements informatiques qui leur permettent de répondre à leurs besoins d’acquisition technologique dans le contexte d’une situation de force majeure ». Cela implique d’ajuster les spécifications des achats contractés en fonction de la disponibilité actuelle des stocks et d’analyser les projections pour construire des appels d’offres conformes aux types de RAM qui auront le moins d’impact dans cette situation.
Photo:iStock
JOSÉ CARLOS GARCÍA R.
Editeur Multimédia