Publié le 02/10/2025 14:27:00. L’armée israélienne a intercepté plusieurs navires d’une flottille transportant de l’aide pour Gaza, arrêtant des dizaines de passagers, dont la militante écologiste Greta Thunberg, suscitant une condamnation internationale. L’opération vise à maintenir le blocus maritime de l’enclave palestinienne.
- Des dizaines de personnes, dont Greta Thunberg, ont été arrêtées lors de l’interception de navires humanitaires par l’armée israélienne.
- La flottille, partie de plusieurs ports méditerranéens, avait pour objectif de briser le blocus maritime de Gaza, en vigueur depuis 18 ans.
- Les organisateurs dénoncent une « attaque illégale » tandis qu’Israël qualifie l’initiative de « provocation ».
L’armée israélienne a confirmé avoir intercepté les bateaux de la flottille « Sumud Global Fleet » (GSF) à environ 70 milles marins de Gaza dans la soirée du mercredi 01 octobre 2025. Selon le ministère israélien des Affaires étrangères, plusieurs navires ont été « arrêtés en toute sécurité » et leurs passagers transférés vers un port israélien. Greta Thunberg, déjà expulsée d’Israël en juin après avoir participé à un autre convoi d’aide, fait partie des personnes arrêtées. Le ministère a assuré que la militante suédoise et ses compagnons étaient « en bonne santé et en sécurité ».
La GSF, composée de plus de 500 personnes issues de dizaines de pays, avait quitté Barcelone le 31 août. Son objectif affiché était de contourner le blocus imposé à Gaza et d’acheminer de l’aide humanitaire à l’enclave, ravagée par la guerre. Les organisateurs ont qualifié l’intervention israélienne d' »attaque illégale contre des travailleurs humanitaires non armés » et ont appelé les gouvernements et institutions internationales à exiger leur libération immédiate. De son côté, Israël maintient que les militants « n’étaient pas intéressés par l’aide, mais par la provocation » et que leur seul but était de « violer le blocus naval légal » dans une « zone de combat active ». Le ministère israélien a également affirmé avoir trouvé des documents prouvant « l’implication directe du Hamas » dans le financement et la gestion de la flottille, affirmations rejetées par la GSF comme de la « propagande ».
Cette interception survient quelques jours seulement après la présentation d’un plan de paix israélo-américain pour mettre fin au conflit à Gaza, révélé par le président américain de l’époque, Donald Trump, à Washington en compagnie du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. La situation humanitaire à Gaza est jugée critique, avec une « hausse des décès et de la faim » après près de deux ans de guerre.
Les organisateurs ont dénoncé l’arraisonnement des navires, affirmant qu’un bateau avait été délibérément percuté et deux autres attaqués à l’aide de canons à eau. Aucune blessure n’a été rapportée à bord. Le GSF a également accusé Israël d’avoir attaqué certains de ses navires par drones la semaine précédente, incitant l’Italie et l’Espagne à déployer des navires de soutien.
La réaction internationale a été vive. Des manifestations ont eu lieu en Italie, en Turquie, en Grèce, en Tunisie et en Argentine. Le ministère turc des Affaires étrangères a qualifié l’interception d' »acte de terrorisme », tandis que le Hamas a dénoncé une « loi d’agression et de piraterie perfides ». Le président colombien Gustavo Petro a qualifié l’incident de « crime international », annonçant l’expulsion des diplomates israéliens de son pays et la dénonciation de l’accord de libre-échange. Il a également critiqué le plan de paix américain, le décrivant comme un « plan de paix pour des gens déjà affamés ».
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a demandé aux autorités israéliennes de garantir la sécurité des participants et leur droit à une protection consulaire. Son homologue italien, Antonio Tajani, a exprimé sa confiance quant à une résolution sans dommage, affirmant que le gouvernement israélien avait donné des instructions claires à son armée pour éviter toute violence envers les occupants des navires. Le ministère des Affaires étrangères israélien avait auparavant proposé des itinéraires alternatifs pour acheminer l’aide, notamment via le port d’Ashkelon, une offre refusée par les organisateurs qui souhaitent livrer l’aide directement aux civils de Gaza.
Des incidents similaires se sont produits par le passé. En juin 2025, un autre navire d’aide transportant Greta Thunberg et d’autres militants avait été intercepté par Israël et ses passagers expulsés. En mai 2025, des militants à bord d’un navire d’aide ont affirmé avoir été attaqués par un drone israélien dans les eaux internationales. En 2010, une flottille d’aide humanitaire avait été attaquée par les forces israéliennes dans les eaux internationales, entraînant la mort de neuf citoyens turcs et provoquant une vive indignation internationale.
Cette histoire a été mise à jour.