Publié le 22 février 2024 03:55:00. Un médecin britannique d’origine indienne est bloqué en Inde depuis plus d’un mois après avoir critiqué le Premier ministre Narendra Modi sur les réseaux sociaux. Une circulaire de surveillance a été émise à son encontre suite à une plainte déposée par le BJP, le parti au pouvoir.
- Sangram Patil, médecin travaillant pour le NHS britannique, ne peut pas quitter l’Inde depuis le 10 janvier.
- Une plainte a été déposée contre lui pour un commentaire jugé critique envers le Premier ministre Modi sur Facebook.
- Il affirme être « inutilement ciblé » et conteste les accusations portées contre lui.
Sangram Patil, un ressortissant britannique d’origine indienne, se trouve dans une situation délicate en Inde. Le médecin, qui exerce au sein du National Health Service (NHS) britannique, est empêché de quitter le pays depuis plus d’un mois, suite à l’émission d’une circulaire de surveillance (LOC) le 10 janvier. Cette mesure fait suite à une plainte déposée par le BJP (Bharatiya Janata Party), le parti politique actuellement au pouvoir en Inde, après qu’il ait publié un commentaire sur Facebook considéré comme controversé.
L’affaire a débuté le 18 décembre, lorsque le poste de police de NM Joshi Marg a enregistré une plainte (FIR) contre M. Patil, quatre jours après la publication du commentaire en question. La plainte l’accuse d’avoir partagé du contenu susceptible de « créer de l’hostilité entre divers groupes qui soutiennent et s’opposent à l’idéologie du BJP ». Le plaignant, Nikhil Bhamre, est un coordinateur des médias sociaux du BJP dans l’État du Maharashtra.
M. Patil a d’abord été interpellé à l’aéroport international Chhatrapati Shivaji Maharaj (CSMIA) de Mumbai le 10 janvier, lors de son arrivée avec sa femme. Il a été fouillé et retenu pour avoir prétendument publié du « contenu répréhensible ». Le 19 janvier, il a de nouveau été empêché de prendre un vol de retour vers Manchester depuis Mumbai.
Dans une interview accordée à BBC Marathi la semaine dernière, M. Patil a exprimé son désarroi :
« Mes enfants et mon travail sont au Royaume-Uni. Le droit international et le droit indien me donnent le droit de circuler librement. Des restrictions ont été imposées à ce sujet. Je ne peux pas rentrer chez moi. »
Sangram Patil, médecin britannique
M. Patil, qui compte plus de 4,73 lakh (473 000) d’abonnés sur YouTube, affirme être victime d’un acharnement injustifié, malgré sa coopération avec les autorités. Il a rejeté les allégations portées contre lui, les qualifiant d’« illégales ». Selon des documents judiciaires cités par The Indian Express, M. Patil a « catégoriquement nié » avoir écrit un quelconque message nommant ou faisant référence au Premier ministre, ajoutant que « les poursuites pénales ne peuvent pas être fondées sur une interprétation politique subjective ou sur un sentiment perçu ».
Il a également précisé, toujours selon BBC Marathi, que son message était une simple question adressée aux partisans du gouvernement et ne visait aucune communauté particulière. Il a été interrogé à deux reprises, les 10 et 16 janvier, pendant plus de huit heures au total.
La police, dans une déclaration sous serment déposée le 30 janvier, a demandé au tribunal de rejeter la requête de M. Patil contestant l’enquête, la qualifiant de « mal conçue et prématurée ». Elle justifie son action en soulignant l’importance d’enquêter sur les raisons pour lesquelles un citoyen étranger, bien que professionnel de la santé qualifié, s’est engagé à publier du matériel diffamatoire et incendiaire contre le Premier ministre indien alors qu’il résidait à l’étranger.
L’audience devant le tribunal est prévue pour le 27 février. Tous les regards sont tournés vers ce médecin basé au Royaume-Uni, originaire de Jalgaon, dont le sort reste incertain.