Publié le 23 février 2026 à 09h08. L’ancien président bulgare Rumen Radew, après avoir démissionné de ses fonctions, envisage désormais de se lancer dans la course à la primauté et expose sa vision pour l’avenir de la Bulgarie, notamment en matière de politique étrangère et d’intégration européenne, dans un entretien exclusif au Berliner Zeitung.
- Rumen Radew justifie sa décision de se présenter aux élections législatives par un appel du peuple bulgare à un changement démocratique et à une accélération de l’intégration européenne.
- Il souligne l’importance des relations économiques avec l’Allemagne, premier partenaire commercial de la Bulgarie, et met en avant le potentiel industriel du pays.
- Radew plaide pour une approche diplomatique dans le conflit ukrainien et appelle à un dialogue avec la Russie.
L’ancien chef de l’État bulgare a expliqué que sa démission était une réponse directe aux manifestations massives qui ont secoué le pays en décembre dernier, ainsi que dans plusieurs villes européennes, dont Berlin, conduisant à la chute du gouvernement en place. Il aspire à une Bulgarie « moderne, libre et démocratique », pleinement intégrée au sein de l’Union européenne.
Selon Radew, les citoyens bulgares souhaitent avant tout « se sentir complètement libres, sans dépendre d’intérêts oligarchiques et avoir la possibilité de développer leur potentiel dans l’économie réelle, l’industrie et le développement de services de haute qualité ».
L’entretien avec le Berliner Zeitung met également en lumière l’importance cruciale de l’Allemagne pour l’économie bulgare. Les échanges commerciaux bilatéraux ont dépassé les 12 milliards d’euros l’année dernière, avec un excédent commercial en faveur de la Bulgarie, ce qui, selon Radew, témoigne du potentiel industriel du pays. Il a notamment souligné le développement rapide du secteur automobile et le rôle des ingénieurs bulgares, en particulier dans le domaine des technologies de l’information, estimant que l’avenir des véhicules électriques repose en grande partie sur les logiciels développés en Bulgarie.
Cependant, Radew a également noté que la stagnation de l’industrie automobile allemande a des répercussions sur les entreprises bulgares, certaines envisageant de réorienter leur main-d’œuvre vers le secteur de la défense, en pleine croissance. Il a souligné les traditions de la Bulgarie dans ce domaine et sa part importante sur le marché mondial des produits de défense, mettant en avant les investissements de grandes entreprises allemandes, comme Rheinmetall, qui créent de nouvelles opportunités économiques.
Guerre en Ukraine et dialogue avec la Russie
Concernant le conflit en Ukraine, Rumen Radew a exprimé l’espoir d’une utilisation accrue de la diplomatie. Il estime que l’accent a été mis jusqu’à présent sur l’aide militaire et économique, mais que les moyens diplomatiques n’ont pas été suffisamment exploités. Il observe un changement d’attitude des dirigeants européens et une approche plus réaliste de la guerre.
« Des dirigeants comme le président Macron ont commencé à parler de la restauration du dialogue avec la Russie et à discuter de la future architecture de sécurité en Europe. Nous devons parler avec la Russie, car sans dialogue, l’architecture de sécurité sera basée sur la rivalité et une pensée militaire constante. »
Rumen Radew, ancien président de la Bulgarie
Radew, fort de son expérience en tant qu’ancien commandant de l’armée de l’air, insiste sur l’importance des investissements dans la défense, tout en soulignant la nécessité de prendre en compte les conséquences à long terme sur l’économie et les systèmes sociaux.
Adhésion à l’euro et à l’OTAN
Interrogé sur ses critiques concernant l’introduction de l’euro en Bulgarie, Radew a souligné que cette décision affecte tous les citoyens et suscite des opinions divergentes. Il estime qu’un référendum aurait été l’approche la plus démocratique. Il critique le gouvernement pour ne pas avoir su faire face à la hausse des prix et mettre en place des mesures de protection pour les groupes les plus vulnérables, soulignant que 30 % de la population vit au bord de la pauvreté ou de l’exclusion sociale.
Enfin, concernant l’adhésion de la Bulgarie à l’initiative du Conseil de la paix proposée par l’ancien président américain Donald Trump, Radew a jugé étrange que cette décision ait été prise alors que le gouvernement avait déjà présenté sa démission. Il a réaffirmé la nécessité de renforcer les relations stratégiques avec les États-Unis, tout en exprimant son soutien à la vision de Trump visant à mettre fin aux conflits en Ukraine et à Gaza par la diplomatie. Il a également souligné l’importance d’analyser les exigences constitutionnelles et européennes avant de prendre des engagements internationaux aussi importants.
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