Rafael Devers aborde la nouvelle saison avec le sourire aux lèvres et l’esprit libéré, après une année tumultueuse avec les Red Sox de Boston. Transféré aux Giants de San Francisco, le joueur de troisième but, bientôt père d’un garçon, semble retrouver la sérénité et l’enthousiasme qui le caractérisent.
L’arrivée d’Alex Bregman à Boston a été un point de rupture pour Devers. Il s’est senti trahi par la direction des Red Sox, qui n’avait pas évoqué l’intention de recruter un autre joueur à son poste. « Je joue à la troisième base », avait-il simplement déclaré lorsqu’il a appris la nouvelle, avant de devoir accepter un rôle de frappeur désigné.
Si Devers avait initialement performé en tant que frappeur désigné, une blessure de Triston Casas a rouvert le débat sur son positionnement, avec une proposition de le faire jouer au premier but qu’il a refusée. C’est dans ce contexte tendu que les Red Sox ont finalement échangé Devers aux Giants en juin dernier, avec les termes de son contrat de 313 millions de dollars sur 10 ans (environ 288 millions d’euros).
Bien que certains à Boston regrettent encore cette décision, Devers affiche une attitude résolument tournée vers l’avenir. « C’est terminé », a-t-il affirmé mardi, « je n’ai aucun commentaire sur ce qui est dit. Je suis ici maintenant, concentrons-nous sur le présent et laissons le passé derrière nous. »
Devers s’apprête à débuter la saison 2026 comme joueur de premier but attitré des Giants, sous la direction de l’expert en défense intérieure Ron Washington. Ses qualités de frappeur sont déjà évidentes, avec des balles envoyées régulièrement hors du stade lors des entraînements à Scottsdale. Avec 35 circuits, 109 points produits et une moyenne de .851 en 2025, il représente un atout majeur pour une équipe qui manquait de puissance offensive.
« Le son est différent quand il frappe la balle », a souligné Buster Posey, le président des opérations baseball des Giants. L’arrivée de Devers coïncide avec un changement de dynamique au sein de l’équipe. Contrairement à son passage à Boston où on attendait de lui qu’il devienne le leader incontesté, Devers se sent plus à l’aise dans un rôle de soutien.
« Je ne veux pas donner l’impression d’être un leader », a-t-il précisé. « J’aime simplement faire les petites choses. Si je peux aider un coéquipier à améliorer son jeu, partager mon expérience après tant d’années dans les ligues majeures, c’est ce qui compte pour moi. »
L’histoire de Devers à Boston restera sans doute un sujet de discussion, comme ce fut le cas pour Mookie Betts ou Nomar Garciaparra. Mais Devers semble immunisé contre le bruit ambiant. « Boston appartient au passé », a-t-il conclu. « Je n’utilise pas les réseaux sociaux, je ne consulte pas internet, je ne lis rien. » Et c’est précisément cette attitude qui lui permet de retrouver le sourire.