À l’approche d’Halloween, et avec l’annonce d’un nouveau volet prévu pour 2026, il est temps de revisiter la saga horrifique Scream et de classer ses six films. Loin de la déception souvent rencontrée avec les suites de slashers, Scream peut se targuer d’une filmographie solide, rendant ce classement plus périlleux que prévu. Affûtons nos couteaux et ressortons nos masques de Ghostface pour découvrir notre hiérarchie, en gardant le suspense intact pour les néophytes.
Au cœur de cette franchise, l’original, sorti en 1996, demeure une pierre angulaire. Wes Craven y réinvente le slasher, s’inspirant de ses propres expériences dans New Nightmare pour livrer un film d’une rare conscience de soi et des codes du genre. Scream jongle avec succès entre l’effroi, grâce à un tueur dont l’identité reste insaisissable, l’intelligence de sa construction, et une touche d’humour bienvenue. Contrairement aux figures surnaturelles et invincibles de franchises comme Halloween ou Vendredi 13, le danger émane ici d’un individu lambda, un psychopathe ordinaire que l’on pourrait croiser au quotidien. C’est cette approche réaliste, déguisée sous un masque bon marché, qui a fait la véritable horreur de Scream et donné naissance à cette franchise culte.
En deuxième position, on retrouve Scream 2 (1997), une suite qui réussit l’exploit de ne pas tomber dans les travers classiques du genre. Le film boucle l’arc narratif lié à la mère de Sidney, entamé dans le premier opus, tout en s’amusant à décortiquer les clichés des suites, les subvertissant sans jamais s’y soumettre. C’est également dans ce volet que s’introduisent les films Stab, les adaptations cinématographiques fictives des événements de Woodsboro, qui deviendront une signature récurrente et un ressort méta-cinématographique savoureux pour les épisodes à venir.
Viennent ensuite deux titres dont la qualité se dispute le haut du classement : Scream VI (2023) et Scream (2022). Ces deux films excellent à maintenir une tension palpable, rendant l’identification du tueur particulièrement ardue. Scream VI se distingue par un Ghostface d’une brutalité inédite, plus proche d’une force déchaînée que du stratège habituel. L’introduction d’un décor new-yorkais, loin de la fictive Woodsboro, apporte une fraîcheur bienvenue, bien que certaines invulnérabilités de personnages affaiblissent légèrement le suspense. L’originalité de Scream (2022), surnommé « requel » par ses créateurs, réside dans son équilibre entre le retour des personnages emblématiques et l’introduction d’une nouvelle génération, incarnée par Samantha, dont le lourd passé s’entremêle habilement avec l’intrigue originale.
En quatrième position, Scream 4 (2011) marque un retour aux sources attendu pour la franchise, dormante depuis plus de dix ans. Wes Craven et Kevin Williamson y explorent avec brio le concept même des reboots et l’évolution du genre horrifique au début du XXIe siècle. Le film débute par une séquence d’ouverture percutante, qui donne le ton de cette réflexion sur la culture internet et la quête de célébrité virale. Si son propos sur la jeunesse connectée et la création de contenus en ligne est pertinent, le rendu visuel, avec son esthétique numérique trop léchée, accuse un peu le coup du temps.
Enfin, Scream 3 (2000) ferme la marche. Unique opus de la période Wes Craven non scénarisé par Kevin Williamson, il opte pour une approche plus légère et comique, une demande du studio suite aux événements de Columbine. L’idée de voir Ghostface s’attaquer aux acteurs d’une production Stab à Hollywood est prometteuse, mais le résultat final manque de la subtilité et de l’originalité qui avaient fait le succès des premiers films, tombant dans des clichés prévisibles.