La création des « Enhanced Games », une compétition où l’usage de substances dopantes serait autorisé et contrôlé, suscite une vive polémique dans le monde du sport. L’idée, portée par l’entrepreneur Aron D’Souza, promet des gains financiers considérables pour les athlètes, contrastant radicalement avec les pratiques actuelles.
Le monde de la natation, et par extension du sport britannique, s’est rapidement positionné contre ce projet. UK Sport et Aquatics GB ont fermement condamné la décision de l’athlète Ben Proud de participer à cette initiative. De son côté, le Comité Olympique Britannique (BOA) a qualifié les « Enhanced Games » d’événement « cynique et dangereux ».
L’organisme mondial de la natation, World Aquatics, a été le premier à réagir en interdisant, plus tôt cette année, tout athlète, entraîneur ou officiel impliqué dans les « Enhanced Games » de participer à ses compétitions. Cette mesure souligne la volonté des instances sportives de protéger l’intégrité des compétitions traditionnelles.
Malgré les critiques, Ben Proud, médaillé d’argent olympique en 50m nage libre en 2024, défend sa démarche. Le nageur de 30 ans soutient que son initiative ne porte pas atteinte au sport « propre ». Il argumente que les « Enhanced Games » et le « sport traditionnel » représentent « deux formats très différents » et a précisé qu’il n’avait aucune intention de revenir à la natation classique. Proud met en avant les récompenses financières : il estime qu’il faudrait « 13 ans de victoire à un titre de Champion du Monde » pour égaler la somme offerte pour la victoire d’une seule course aux « Enhanced Games ».
Les « Enhanced Games » prévoient des primes d’apparition, avec un bonus d’un million de dollars (environ 925 000 euros) pour tout record du monde battu sur 50m nage libre, une discipline où Proud a déjà remporté des titres mondiaux et européens.
Dans une déclaration faite en 2024, le fondateur des « Enhanced Games », Aron D’Souza, a affirmé que les athlètes seraient en réalité plus en sécurité dans cette compétition. Il explique que l’usage de produits dopants serait ouvertement recherché et encadré, évitant ainsi le recours à des sources illicites et dangereuses. « Une partie de notre libération est la libération de l’information », a-t-il déclaré à la BBC Sport. Il a ajouté que « l’autonomie corporelle est un droit humain fondamental. Les adultes, avec un consentement libre et éclairé, devraient pouvoir faire ce qu’ils souhaitent de leur corps. Les individus devraient pouvoir prendre eux-mêmes des décisions face aux risques. »