Publié le 2025-10-07 07:03:00. Le gouvernement mise sur une série de mesures fiscales pour relancer la construction d’appartements, en parallèle de soutiens ciblés pour les ménages et les secteurs économiques clés.
Le budget présenté par la coalition mise fortement sur la stimulation de la construction de logements neufs, notamment par le biais d’une réduction de l’impôt sur les sociétés pour les promoteurs immobiliers.
Ces nouvelles mesures, qui seront dévoilées dans le cadre du budget, comprennent une exonération ou une réduction de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises engagées dans la construction de biens locatifs destinés à être proposés à des loyers inférieurs aux prix du marché. Parallèlement, le taux de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur la vente de nouveaux appartements sera ramené à 9 %. Ce taux réduit entrera en vigueur à partir de juillet prochain, s’alignant sur celui appliqué à la restauration et aux services de traiteur.
Les mesures d’incitation fiscale dans le secteur immobilier incluent également la poursuite du crédit d’impôt pour les locataires et l’extension du taux de TVA réduit de 9 % pour les factures d’énergie. Le dispositif d’allégement fiscal sur les intérêts hypothécaires sera prolongé de deux ans, bien qu’avec un montant réduit pour sa dernière année. Les contribuables pourront bénéficier du niveau actuel de 1 250 € pour 2025, mais seulement de 625 € pour 2026.
L’Initiative Living City, qui encourage la rénovation de bâtiments dans des zones définies, sera étendue à de plus grandes villes. Le programme d’aide à l’achat (« Help to Buy ») sera reconduit, et une mesure visant à abandonner l’impôt foncier sur les revenus locatifs est également envisagée dans le cadre d’une politique de répartition des charges.
Contexte
L’importance du budget en chiffres
Le budget 2025, doté d’une enveloppe de 9,4 milliards d’euros, représente une fraction des dépenses annuelles de l’État. La gestion du pays mobilisera environ 120 milliards d’euros cette année, se répartissant entre les dépenses votées par l’Oireachtas (105 milliards d’euros) et les dépenses non votées, incluant les intérêts de la dette publique et les contributions à l’Union européenne.
Les dépenses votées se divisent comme suit : rémunération du secteur public et pensions (33 milliards d’euros), dépenses d’investissement (15 milliards d’euros) et achats de biens, services et paiements sociaux (58 milliards d’euros). Les principaux postes de dépenses par ministère sont la protection sociale (27 milliards d’euros), la santé (26 milliards d’euros) et l’éducation (12 milliards d’euros).
Ces dépenses sont financées par les impôts et taxes. Les trois principales sources de revenus sont l’impôt sur les sociétés (34 milliards d’euros), l’impôt sur le revenu (36 milliards d’euros) et la TVA (23 milliards d’euros). Les droits d’accise (7 milliards d’euros), les droits de timbre (1,7 milliard d’euros), la taxe sur les plus-values (1,6 milliard d’euros) et d’autres taxes complètent ce tableau.
L’Irlande se distingue par la proportion importante de ses recettes fiscales provenant de l’impôt sur les sociétés. L’augmentation substantielle des dépenses publiques au cours de la dernière décennie, passant de 75 milliards d’euros en 2015 à 120 milliards d’euros actuellement, a été soutenue par la croissance économique et par une hausse sans précédent des recettes fiscales des sociétés.
Malgré ces mesures, de nombreux ménages pourraient ressentir une pression persistante en l’absence d’allégements sur l’impôt sur le revenu et de crédits pour les dépenses énergétiques. Des négociations de dernière minute étaient encore en cours hier soir concernant plusieurs départements, avec l’approbation tardive d’une augmentation de 10 € par semaine des prestations de base de sécurité sociale.
Les pensions alimentaires pour enfants seront revalorisées de 8 € pour les enfants de moins de 12 ans et de 16 € pour ceux de 12 ans et plus. Les allocations pour la rentrée scolaire et l’achat de vêtements seront élargies pour couvrir les enfants âgés de deux et trois ans. Par ailleurs, l’éligibilité à l’allocation carburant sera étendue aux bénéficiaires de la prime de retour à l’emploi.
Les plafonds de revenus pour la prime de retour à l’emploi augmenteront de 60 €. L’allocation de soutien aux aidants familiaux (« Carer’s Allowance ») devrait également être rehaussée de 375 € pour une personne seule, portant la prestation hebdomadaire à 1 000 €, et de 750 € pour un couple, permettant des versements allant jusqu’à 2 000 € par semaine.
Le ministère de l’Enfance et du Handicap devrait recevoir environ 500 millions d’euros supplémentaires pour le budget consacré au handicap, permettant le financement de milliers de places supplémentaires en services de garde d’enfants. Les discussions sur l’ensemble des frais de garde étaient cependant toujours en cours hier soir.
Les ministères de la Santé et de l’Éducation ont conclu leurs accords budgétaires tard lundi soir. 1,5 milliard d’euros supplémentaires seront alloués à la santé, ciblant l’accès régional, la sécurité, la qualité, la prévention et les mesures de productivité. Un financement est prévu pour 860 nouveaux postes d’enseignants spécialisés et le lancement d’un nouveau programme « Deis + » visant à réduire les inégalités éducatives.
Le revenu de base pour le secteur artistique deviendra permanent à partir de septembre prochain, remplaçant le programme pilote actuel. Les frais de participation des étudiants seront réduits de 500 €. Les incitations fiscales à la recherche et développement devraient être renforcées, tout comme le salaire minimum.