Publié le 17 février 2026 05:50:00. La consommation de tabac illicite en Australie est en forte croissance, menaçant les recettes fiscales et la santé publique. Une nouvelle étude révèle que la réduction des taxes et le renforcement des contrôles pourraient inverser cette tendance.
- La part du tabac illicite sur le marché australien pourrait atteindre 89 % d’ici 2028-2029 si les tendances actuelles se maintiennent.
- Les recettes fiscales liées au tabac pourraient chuter de 67 milliards de dollars australiens d’ici 2028-2029 en raison de cette augmentation du marché illicite.
- Une baisse des taxes et un renforcement de la lutte contre la contrebande pourraient réduire la consommation illicite de près de moitié et augmenter les recettes fiscales de 3,1 milliards de dollars australiens d’ici 2029.
Le marché du tabac illicite en Australie connaît une expansion rapide, alimentée par l’écart croissant entre les prix légaux et illégaux. Commandée par Ritchies IGA, une étude récente d’Oxford Economics met en lumière l’ampleur du problème et ses conséquences sur la santé publique et les finances de l’État. L’étude s’appuie sur une enquête menée auprès de 1 500 fumeurs réguliers, ainsi que sur des données provenant de détaillants et d’un fabricant majeur.
Depuis des décennies, l’augmentation des taxes sur le tabac a contribué à réduire le nombre de fumeurs en Australie, tout en générant des revenus importants pour le gouvernement. Cependant, cette politique a eu un effet pervers : la hausse des prix a encouragé le développement d’un marché noir florissant, où les produits sont vendus à des prix beaucoup plus bas. L’écart de prix entre les cigarettes légales et illégales est passé de 11 dollars australiens à 47 dollars australiens au cours de la dernière décennie.
Les conséquences de cette situation sont multiples. Outre la perte de recettes fiscales – estimée à 5,5 milliards de dollars australiens pour 2025-2026, contre 16,3 milliards de dollars australiens en 2019-2020 – le tabac illicite représente un risque pour la santé publique, car il échappe aux réglementations en vigueur. Il fausse également la concurrence et augmente les coûts liés à l’application de la loi.
L’étude d’Oxford Economics a modélisé différents scénarios pour évaluer l’impact de différentes politiques. Les résultats montrent qu’une réduction des taxes sur le tabac, combinée à un renforcement des contrôles pour lutter contre la contrebande, pourrait être la solution la plus efficace. Cette approche permettrait de réduire la consommation illicite de près de moitié, de ramener la part de marché du tabac illicite de 64 % à 37 % et d’augmenter les recettes fiscales de 3,1 milliards de dollars australiens d’ici 2029.
Selon les chercheurs, une approche coordonnée, qui s’attaque à la fois aux incitations à la demande (écart de prix) et aux contrôles de l’offre (application de la loi), est essentielle pour inverser la tendance actuelle. La simple intensification des efforts de lutte contre la contrebande ne suffira pas à résoudre le problème, tant que l’écart de prix entre les produits légaux et illégaux restera important.