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Repenser les politiques commerciales et d’investissement en Thaïlande

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La Thaïlande doit repenser en profondeur ses règles commerciales et d’investissement pour éviter de perdre du terrain face à une économie mondiale de plus en plus compétitive. Des réglementations obsolètes, des quotas agricoles et des restrictions sur les services freinent la croissance et favorisent les industries peu performantes, selon une analyse récente du Thailand Development Research Institute (TDRI).

Le cœur du problème réside dans un système fiscal qui, bien qu’ayant réduit les droits de douane officiels au cours des vingt dernières années pour atteindre une moyenne d’environ 10 % (conformément aux règles de l’Organisation mondiale du commerce), continue de protéger les secteurs clés d’une concurrence réelle. Historiquement, la Thaïlande a utilisé des droits de douane réduits sur les matières premières importées pour soutenir son industrie manufacturière tournée vers l’exportation, rendant l’assemblage local plus attractif. Cependant, cette stratégie perd de son efficacité avec la multiplication des accords de libre-échange.

L’industrie automobile illustre ce phénomène. Si l’importation de pièces détachées était relativement peu taxée, les véhicules entièrement construits, notamment ceux provenant d’Europe, étaient soumis à des droits de douane élevés. Cette politique a contribué à faire de la Thaïlande une plaque tournante de l’assemblage automobile. Mais aujourd’hui, avec l’accord de libre-échange entre la Thaïlande et la Chine, les véhicules électriques entièrement construits en Chine peuvent entrer sur le marché thaïlandais sans droits de douane, tandis que les batteries, un composant essentiel, restent taxées. Il peut donc être moins coûteux d’importer une voiture complète que d’importer les pièces pour l’assembler localement.

Le secteur agricole est également entravé par un système de quotas. Prenons l’exemple du café : les haricots importés dans le cadre des quotas sont taxés à 30 %, contre 90 % en dehors. Le café instantané, quant à lui, est taxé à 49 %. Il est souvent plus économique d’importer du café déjà préparé que d’importer des grains et de les torréfier en Thaïlande. De plus, les accords de libre-échange au sein de l’ASEAN exigent que les importateurs achètent des quantités équivalentes de café local, ce qui freine toute amélioration de la qualité.

Les entreprises de services sont confrontées à des obstacles similaires. La participation étrangère est limitée à 49 %, et l’obtention de permis de travail est souvent lente et complexe. Cette situation limite la concurrence et l’innovation, notamment dans les télécommunications, où le nombre d’opérateurs est faible et les prix restent élevés. La Thaïlande se classe parmi les pays les plus restrictifs en matière de services (4e sur 51 selon l’indice de restrictivité du commerce des services), une situation qui n’a guère évolué au cours de la dernière décennie.

Par ailleurs, le manque de réglementation permet l’importation de produits bon marché et potentiellement dangereux, nuisant aux entreprises et aux consommateurs locaux. Une enquête de la Fédération des industries thaïlandaises a révélé que 45 % de ses membres ont vu leurs ventes chuter de plus de 20 % en raison de la concurrence de ces importations de qualité inférieure.

Face à ces défis, le TDRI préconise une modernisation des tarifs douaniers, la suppression des barrières inutiles, l’alignement des normes de production sur les standards internationaux, et une plus grande transparence des marchés publics. Il est également crucial d’autoriser une plus grande participation étrangère dans les secteurs en pénurie de compétences et de renforcer le droit de la concurrence.

« La Thaïlande doit améliorer ses méthodes de production et intégrer ses usines et ses services aux chaînes de valeur mondiales », soulignent les chercheurs du TDRI. Cela implique d’aider les entreprises à respecter les normes internationales, à développer des services modernes et à créer des emplois de qualité.

Enfin, le TDRI insiste sur la nécessité de lutter contre le commerce déloyal, en renforçant les normes de produits, en appliquant les règles antidumping et en réglementant les plateformes en ligne. Le pays doit également accélérer les négociations commerciales, notamment avec l’Union européenne, et réduire les coûts non tarifaires.

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