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Revenons à l’enseignement aux étudiants sur la façon d’argumenter — The James G. Martin Center for Academic Renewal

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La polarisation politique aux États-Unis pourrait ne pas être une question de convictions idéologiques, mais plutôt de méthodes d’argumentation mal enseignées. Un professeur d’anglais propose un retour aux sources de la rhétorique classique pour restaurer un débat public constructif.

À retenir

  • Les cours de rhétorique et composition dans les universités américaines sont, selon un expert, dominés par une approche idéologique qui entrave la capacité des étudiants à argumenter de manière efficace et respectueuse.
  • La théorie de la stase, issue de la rhétorique romaine antique, offre un cadre pour clarifier les points de désaccord et encourager un débat productif.
  • Un retour à l’enseignement de la rhétorique classique pourrait aider à surmonter la polarisation et à restaurer une culture de discussion éclairée.

Contexte

Depuis quatre décennies, l’enseignement de la rhétorique et de la composition aux États-Unis a subi une transformation significative. Initialement axé sur l’expression libre et l’expérimentation avec la langue, inspiré par les travaux de Peter Elbow dans les années 1970, il a évolué vers une approche dite « socio-épistémique ». Cette dernière postule qu’un individu ne peut s’exprimer qu’à partir de sa propre position sociale et politique, rendant difficile, voire impossible, le dialogue avec ceux qui ne partagent pas les mêmes perspectives.

Selon Gregory Roper, professeur d’anglais à l’Université de Dallas, cette évolution a eu des conséquences néfastes sur la capacité des étudiants à argumenter de manière rationnelle et à engager un débat constructif. Il estime que les cours actuels sont mal conçus et idéologiquement biaisés, contribuant à la polarisation croissante de la société américaine.

Ce qui change

Roper propose de revenir aux principes de la rhétorique classique, telle qu’elle était enseignée dans l’ancienne Rome. Il souligne que Rome, en tant qu’empire multiculturel, nécessitait des compétences rhétoriques solides pour permettre aux individus de différentes origines de communiquer et de négocier efficacement. Les rhéteurs romains, tels que Quintilien et Cicéron, enseignaient l’art de la persuasion en utilisant des outils tels que le logos (l’appel à la logique), le pathos (l’appel aux émotions) et l’ethos (l’appel à la crédibilité).

Un élément central de cette approche est la « théorie de la stase ». Celle-ci consiste à identifier précisément le point de désaccord entre les parties prenantes avant de tenter de résoudre un conflit. La théorie de la stase propose une série de questions fondamentales : quels sont les faits ? Quelle est la nature du problème ? Quelles en sont les causes et les conséquences ? Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Que faut-il faire ?

Roper illustre cette théorie avec un exemple concret : une bagarre dans un bar. Avant de porter un jugement sur l’agresseur, il est essentiel de déterminer ce qui s’est réellement passé. S’agit-il d’une agression simple, de légitime défense ou d’un acte motivé par des circonstances particulières ? En clarifiant les faits et les causes, il devient possible d’engager un débat constructif sur la question de la responsabilité et des sanctions.

« Il n’a pas vraiment défini de manière adéquate le prédicat », « Il voulait mettre en place une évaluation basée sur des critères bâclés ! », « Je ne pense pas qu’il ait démontré que sa solution est meilleure que les autres solutions. » Ce sont des exemples de critiques que les étudiants de Roper ont commencé à formuler après avoir appris la théorie de la stase, démontrant une capacité accrue à évaluer de manière critique les arguments qui les entourent.

Prochaines étapes

Roper espère que l’enseignement de la théorie de la stase se répandra dans les cours de rhétorique et de composition à travers le pays. Il estime que cela pourrait aider à restaurer une culture de débat éclairé et à surmonter la polarisation politique. Il souligne que, au lieu d’enseigner aux étudiants que le débat est impossible, il est essentiel de leur apprendre comment le mener de manière constructive et respectueuse.

Chiffres clés

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Sources

Gregory Roper, professeur d’anglais et doyen des étudiants de l’Université de Dallas.

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