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Revue de Carmageddon: Rogue Shift – Gamereactor

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Publié le 18 février 2024 09:04:00. Carmageddon : Rogue Shift, la nouvelle itération du jeu de course automobile chaotique des années 90, tente de raviver la flamme, mais échoue à retrouver l’esprit original qui avait fait son succès, se perdant dans une répétitivité frustrante et un manque de profondeur.

  • Le jeu propose des courses à rythme libre où l’objectif est de terminer dans les trois premiers, avec des événements intermédiaires exigeant des victoires immédiates et des affrontements de boss avec un temps limité.
  • La physique de conduite est arcade et imprécise, exacerbée par une intelligence artificielle agressive et peu réaliste.
  • La structure roguelite, bien que présente, se révèle rapidement frustrante en raison du manque de variété des pistes et de la perte de progression rapide.

Pour beaucoup, Carmageddon (Stainless Games, 1997) reste gravé dans les mémoires comme un titre brutal et doté d’un humour noir particulièrement décalé. Au fil des ans, plusieurs tentatives ont été faites pour ressusciter ce chaos automobile unique, mais aucune n’a réussi à capturer la magie de l’original. Après une décennie sans nouvelle tentative, 34BigThings lance désormais Carmageddon : Rogue Shift dans l’arène.

La promotion du jeu mettait en avant une apocalypse zombie et des courses automobiles meurtrières. En réalité, le scénario se résume à quelques panneaux de style bande dessinée illustrant des voitures traversant un désert. Le prix à gagner est un billet pour une fusée s’échappant d’une Terre mourante. Dès le lancement, le joueur est plongé au volant sans cérémonie. Le jeu repose sur des courses à votre rythme, où il faut se classer parmi les trois premiers pour progresser. Les événements intermédiaires exigent des victoires immédiates, et les affrontements contre des boss imposent un délai pour détruire des cibles spécifiques.

Le nombre de pistes linéaires disponibles est limité, avec quelques raccourcis disséminés ici et là. Ces pistes sont malheureusement recyclées de manière excessive au fil des courses et des défis. L’action se déroule dans une perspective à la troisième personne, avec une vue libre. Le joueur dispose de l’accélérateur, du frein, du frein à main et d’une dose occasionnelle de nitro. Au-delà de la simple victoire, la destruction des adversaires est un élément central de l’expérience. À cette fin, le véhicule est équipé d’une arme à feu et d’une attaque latérale, une sorte de bélier, pour intimider les concurrents à courte portée. Les munitions et les kits de réparation sont rares et doivent être récupérés dans des caisses disséminées sur les circuits. L’environnement permet également de déclencher des dangers pour saboter les rivaux, bien que le monde extérieur puisse également vous jouer des tours avec des hordes de zombies et d’énormes monstres bloquant votre chemin.

La physique de conduite se situe clairement dans le domaine des jeux d’arcade bas de gamme. La voiture glisse comme sur de la glace, et il est difficile d’évaluer avec précision si vous braquez trop avant de partir en tête-à-queue. Cette maniabilité imprécise est accentuée par une intelligence artificielle agressive et une IA dite « en caoutchouc » particulièrement visible. Frapper un mur permet d’attraper facilement le peloton ; tenter de dépasser proprement se traduit par une adhérence excessive des adversaires à votre pare-chocs. Même avec une trajectoire parfaite et une utilisation constante du nitro, les concurrents rattrapent leur retard comme s’ils n’étaient pas soumis à la gravité. Parfois, ils apparaissent même devant vous de manière inattendue, ce qui est au mieux étrange, au pire agaçant.

Carmageddon : Rogue Shift punit intentionnellement le joueur. Fidèle à sa structure roguelite, le jeu s’attend à ce que vous échouiez afin de lancer sa boucle de progression. Manquer un objectif ou détruire votre véhicule vous renvoie au point de départ. La seule consolation est que chaque course vous rapporte de l’argent que vous pouvez dépenser en nouvelles voitures, armes et améliorations pour augmenter vos chances lors de la prochaine tentative. Cette boucle devient rapidement frustrante, surtout après avoir passé une heure sur une course pour tout perdre. Un système d’itinéraires à embranchements permet de choisir entre différents types d’événements, mais avec si peu de pistes en rotation, la répétition s’installe rapidement.

Visuellement, le jeu adopte une esthétique cartoon colorée. L’affichage percutant et très contrasté correspond au rythme effréné de l’action, et les environnements sont suffisamment détaillés pour donner l’impression d’être vivants. Les effets de lumière sont généreux, mais il est regrettable que le jeu ne prenne pas en charge le HDR, une technologie qui lui serait bénéfique. Considérant que l’identité originale de Carmageddon reposait sur la physique de sa destruction, il est presque dommage de constater à quel point Rogue Shift est plat en comparaison. La physique est minimale et l’impression de légèreté est omniprésente. L’exemple le plus frappant est la traversée d’une foule de zombies : ils ne ralentissent pas votre voiture, ne vous font pas rebondir et s’enregistrent à peine comme des morceaux de carton éclaboussant le pare-brise. Ils ressemblent même à des découpes en carton… Du côté positif, les modèles de véhicules sont détaillés et le jeu fonctionne sans problème sur Xbox Series X avec un chargement minimal.

L’audio est correct mais générique, avec des grognements de moteur, des claquements de métal et un paysage sonore chaotique pour des courses de démolition infestées de morts-vivants. La bande-son est principalement composée de sons métalliques abrasifs, ce qui correspond au thème mais ne la rend pas plus agréable, surtout lorsque les mêmes morceaux accompagnent les mêmes parcours recyclés.

Comme redouté, Carmageddon : Rogue Shift s’avère être un jeu de course léger et oubliable qui ne partage pas grand-chose avec l’original au-delà de son nom. Les piétons humains, et oui, même les vaches emblématiques, ont disparu, remplacés par des zombies qui ont à peine d’impact sur le gameplay. La structure roguelite vous oblige à rejouer encore et encore le même petit ensemble de pistes, drainant le peu de joie que le chaos insensé pourrait offrir. Le déverrouillage et l’amélioration de nouveaux véhicules suscitent un bref intérêt, mais l’ensemble s’estompe trop rapidement. Les fans de l’original devraient donc probablement passer leur chemin.

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