Publié le 9 février 2026 19:20:00. Le troisième volet de la série horrifique The Strangers, réalisé par Renny Harlin, offre quelques frissons mais peine à justifier son existence, s’appuyant sur des clichés et des coïncidences narratives.
- Maya, survivante du chapitre précédent, est traquée dans les bois de l’Oregon par les tueurs masqués Scarecrow et Dollface.
- Le film explore les origines du trio de criminels, mais sans parvenir à les rendre véritablement effrayants.
- Malgré quelques tentatives de rebondissements, le scénario souffre de faiblesses logiques et d’une répétitivité dans la mise en scène.
Après avoir échappé de justesse à Pin-Up Girl à la fin du deuxième chapitre, Maya (interprétée par Madelaine Petsch) se retrouve isolée, pourchassée par Scarecrow et Dollface dans les forêts profondes de Vénus, une petite ville de l’Oregon. Sa fuite la ramènera inévitablement sur la route de Gregory, un habitant local excentrique (joué par Gabriel Basso), et du shérif Rotter, dont le comportement étrange ne fait que s’accentuer (incarné par Richard Brake).
Renny Harlin s’est attelé à l’ambitieux projet de transformer le slasher minimaliste et terrifiant de Bryan Bertino, The Strangers (2008), en une trilogie complète, filmée simultanément. Cette approche, rappelant la trilogie du Hobbit réalisée par Peter Jackson, semble avoir privilégié la retenue. Dans ce troisième opus, l’intrigue reprend globalement celle du Chapitre 2 : Maya incarne la « Final Girl » tout au long du film, tandis que des flashbacks tentent de donner une profondeur aux motivations des tueurs, qui restent plus menaçants dans leur mystère initial. On pourrait même dire que ces inconnus finissent par devenir trop familiers.
Le scénario, signé Alan R. Cohen et Alan Freedland, tente de justifier l’arrivée de Dollface dans le duo de criminels, en dévoilant des éléments de leur passé remontant à douze ans. Un rebondissement narratif est également introduit pour Maya, un chemin inattendu qui aurait pu ouvrir des perspectives intéressantes sur la nature du mal, mais qui est malheureusement entravé par des incohérences et des coïncidences forcées. L’intrigue, bien que grossière, est parfois éclipsée par des effets sonores exagérés, comme si Harlin insistait pour pousser le volume au maximum.
Madelaine Petsch livre une performance honorable, mais son personnage est tellement exposé à la terreur qu’elle finit par devenir prévisible. L’arrivée de la sœur de Maya, Debbie (Rachel Shenton), accompagnée de son mari Howard (George Young) et de leur garde du corps Marcus (Miles Yekinni), apporte un peu de fraîcheur, mais ne suffit pas à sauver le film. Malgré une classification 15, censée indiquer un contenu plus violent, le chapitre déçoit en termes de brutalité.
Une victime, désespérée, s’interroge : « Qu’est-ce que j’ai fait, pourquoi m’as-tu emmené ? » La réponse glaçante est : « Parce que tu es là. » Les spectateurs pourraient se poser la même question à l’égard de Renny Harlin, qui semble manquer d’une vision claire pour justifier cette trilogie prolongée.
En définitive, cette trilogie gonflée se conclut sur un chapitre qui laisse entrevoir quelques étincelles, mais qui ne parvient pas à masquer ses faiblesses fondamentales.