Les conditions météorologiques extrêmes favorisant les incendies de forêt se multiplient à travers le monde, atteignant des niveaux alarmants. Une étude scientifique récente met en évidence une augmentation significative de ces conditions, rendant la lutte contre les feux de plus en plus difficile et prévoyant une possible incapacité des pays à faire face seuls à cette menace croissante.
Selon une étude publiée dans la revue Science Advances, intitulée « Increasing synchronicity of global extreme fire Weather », le nombre de jours où les conditions météorologiques – températures élevées, sécheresse et vents forts – sont propices aux incendies de forêt a plus que doublé au cours des 45 dernières années. Les chercheurs avertissent que « chaque pays pourrait manquer de ressources pour éteindre tous les incendies de forêt » et que l’entraide internationale pourrait devenir moins fiable.
L’étude précise que plus de la moitié de cette augmentation est directement liée au changement climatique causé par les activités humaines et la combustion de combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel). Une simulation informatique comparant la situation actuelle à un scénario sans augmentation des gaz à effet de serre a confirmé cette corrélation.
Les conséquences de cette évolution sont déjà visibles. Des incendies de forêt dévastateurs ont récemment ravagé le Canada et la Grèce, causant des dégâts considérables. Aux États-Unis, le nombre moyen de jours présentant des conditions propices aux incendies est passé de 7,7 jours par an entre 1979 et 1988 à 38 jours par an au cours des dix dernières années. Au sud de l’Amérique du Sud, l’augmentation est encore plus spectaculaire, passant de 5,5 jours par an à 70,6 jours par an, avec une projection de 118 jours en 2023.
En Corée, une étude commandée par Greenpeace a révélé une augmentation de plus de 10 % de l’indice de risque d’incendie de forêt à l’échelle nationale, avec jusqu’à 120 jours par an exposés à un risque accru. Comme chaque printemps, le pays est confronté à des incendies récurrents en raison de la combinaison de températures élevées, de sécheresse et de vents forts.
« Ces changements augmenteront la probabilité de grands incendies de forêt dans de nombreuses régions qui seront très difficiles à éteindre », prévient le Dr John Abatzoglou, spécialiste des incendies à l’Université de Californie et co-auteur de l’étude. Les chercheurs soulignent qu’ils ont analysé les conditions météorologiques favorables aux incendies (vents chauds et forts, air et sol secs) plutôt que les incendies eux-mêmes, car ces conditions, combinées à des sources d’ignition, peuvent rapidement devenir incontrôlables.
Face à cette situation, les experts insistent sur la nécessité de renforcer les mesures préventives et les inspections préalables pour limiter les risques.
Chiffres clés
- Augmentation des jours propices aux incendies (monde) : Plus de 60 % au cours des 45 dernières années
- États-Unis (1979-1988 vs. 10 dernières années) : 7,7 jours/an → 38 jours/an
- Sud de l’Amérique du Sud (1979-1988 vs. 10 dernières années) : 5,5 jours/an → 70,6 jours/an (projection de 118 jours en 2023)
- Corée : Augmentation de plus de 10 % de l’indice de risque d’incendie de forêt, jusqu’à 120 jours par an exposés à un risque accru.