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Rosneft et Lukoil : sanctions américaines contre les compagnies pétrolières russes

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Publié le 2025-10-23 08:23:00. Washington et Bruxelles durcissent leur posture face à Moscou avec l’annonce de nouvelles sanctions économiques, visant notamment des géants du secteur énergétique russe. Cette démarche intervient alors que l’Union européenne s’accorde sur un renforcement de ses propres mesures restrictives.

  • Les États-Unis imposent des sanctions visant Rosneft et Lukoil, ainsi que leurs filiales russes, interdisant toute transaction économique avec ces entités.
  • L’Union européenne finalise un nouveau train de sanctions visant à réduire les revenus russes issus de la vente d’hydrocarbures et à restreindre le secteur de la défense.
  • La Slovaquie lève son veto à l’accord européen, sous conditions de mesures visant à faire baisser les prix de l’énergie.

Le département du Trésor américain a annoncé de nouvelles sanctions visant directement l’entreprise publique russe Rosneft, dirigée par un proche de Vladimir Poutine, Igor Sechin, ainsi que le groupe Lukoil. Les filiales de ces deux mastodontes de l’énergie en Russie sont également touchées par ces mesures restrictives. Selon le Trésor, ces sanctions interdisent de fait toute interaction économique avec les entreprises visées, non seulement pour les acteurs américains, mais aussi pour les banques étrangères et les partenaires commerciaux impliqués. Tous les avoirs de ces sociétés détenus aux États-Unis ou par des citoyens américains seront gelés.

Le président américain Donald Trump a exprimé l’espoir que ces « sanctions massives » soient de courte durée. Parallèlement, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a affirmé que les États-Unis restaient ouverts au dialogue avec des représentants russes, déclarant sur la base militaire de Joint Base Andrews : « Nous sommes toujours intéressés par le dialogue lorsqu’il existe une opportunité de parvenir à la paix. »

Peu après l’annonce des sanctions américaines, Donald Trump a annulé sa rencontre prévue avec Vladimir Poutine à Budapest. Il a justifié cette décision, lors d’un entretien avec le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte à la Maison Blanche, par le sentiment de ne pas être parvenu à une situation satisfaisante.

L’UE renforce également ses mesures restrictives

Dans un mouvement coordonné, les États membres de l’Union européenne sont parvenus à un accord sur un renforcement significatif des sanctions contre la Russie, juste avant leur sommet de jeudi. Ces nouvelles mesures visent notamment à réduire davantage les revenus que la Russie tire de la vente de gaz et de pétrole. Cette avancée a été rendue possible après que la Slovaquie a levé son opposition, s’ajoutant à celle de l’Autriche.

L’accord prévoit notamment une interdiction totale des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe, qui entrerait en vigueur en 2027, soit un an plus tôt que prévu initialement. D’autres mesures punitives dans les secteurs financier et commercial sont également envisagées, tout comme des restrictions à la liberté de circulation des diplomates russes au sein de l’UE.

La Commission européenne, sous la direction d’Ursula von der Leyen, avait proposé ce paquet de sanctions le mois dernier. L’argument principal avancé est que la Russie finance sa guerre en Ukraine grâce aux revenus issus de la vente de combustibles fossiles. « Il est temps de fermer le robinet », avait souligné la Commission. À l’époque, Donald Trump avait adopté une position plus ferme à l’égard de la Russie, la pressant de négocier la paix avec l’Ukraine, et avait laissé entendre que les États-Unis imposeraient des sanctions encore plus sévères si l’UE renonçait complètement à l’énergie russe.

La Slovaquie pose ses conditions

L’accord européen s’est concrétisé après que la Slovaquie a fait part de son approbation mercredi. Le Premier ministre slovaque Robert Fico a indiqué devant une commission parlementaire à Bratislava que son pays donnerait son feu vert si les conditions fixées lors du sommet européen étaient remplies. La Slovaquie a ainsi soumis ses propres propositions concernant les secteurs de l’énergie et de l’automobile. Celles-ci incluent une demande que la Commission européenne intervienne sur les prix de l’énergie, afin de les réduire dans l’UE, a précisé M. Fico.

Le Premier ministre slovaque a souligné que l’électricité en Europe était plus coûteuse qu’aux États-Unis et en Chine, nuisant ainsi à la compétitivité de l’UE. Il a également plaidé pour une révision du projet européen visant à interdire la vente de voitures thermiques d’ici 2035, suggérant par exemple une exemption pour les véhicules hybrides.

L’économie slovaque, fortement axée sur l’industrie lourde et automobile, est très dépendante des importations de gaz et de pétrole russes. Le gouvernement de Bratislava se montre donc réticent à un abandon brutal de ces approvisionnements, craignant une nouvelle flambée des prix de l’énergie déjà élevés.

Malgré les sanctions, le gaz russe continue d’arriver dans l’UE. Une étude récente de Greenpeace révèle que plusieurs milliards de mètres cubes de GNL russe ont été importés dans l’UE au cours des huit premiers mois de l’année. Les livraisons de gaz par gazoduc en provenance de Russie ont, quant à elles, considérablement diminué ces dernières années. L’organisation environnementale a identifié Total (France), Sefe (Allemagne) et Naturgy (Espagne) comme les principaux clients de GNL russe dans l’UE, leurs achats ayant généré des milliards de profits fiscaux pour l’État russe.

Le nouveau train de sanctions envisagé par l’UE prévoit également d’autres mesures. Il s’agit notamment d’empêcher d’autres banques russes et de pays alliés d’accéder aux marchés des capitaux européens, et d’interdire les transactions avec elles. Des mesures renforcées sont aussi attendues contre l’utilisation des cryptomonnaies, souvent employées pour contourner les sanctions existantes.

Dans le domaine commercial, de nouvelles interdictions d’exportation concerneront des biens et services pouvant être utilisés par l’industrie de défense russe ou renforçant ses capacités industrielles. Cela inclut certains produits chimiques, matériaux de construction, ainsi que des services liés à l’intelligence artificielle (IA).

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié ces nouvelles sanctions de l’UE et des États-Unis de « très importantes ». Le paquet de sanctions européen est « crucial » pour son pays, a-t-il déclaré à son arrivée au sommet de l’UE à Bruxelles, appelant ses alliés à accroître encore la pression sur Vladimir Poutine. « Nous devons non seulement nous défendre avec toute l’Europe et les États-Unis, mais nous devons également faire pression sur Poutine pour qu’il mette fin à cette guerre », a-t-il ajouté, soulignant l’importance des sanctions, des mesures de défense aérienne à longue portée et du soutien financier.

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