Publié le 2025-10-02 12:00:00. Alors que la Chine progresse en matière d’influence dans le Pacifique Sud, malgré une aide au développement américaine et alliée supérieure, la Marine américaine est appelée à renforcer sa diplomatie sportive dans la région. Cette approche, axée sur le rugby, pourrait servir de passerelle pour des engagements diplomatiques de haut niveau et contrer l’influence croissante de Pékin.
- Les contributions des États-Unis et de leurs alliés en matière d’aide au développement dans le Pacifique Sud éclipsent celles de la République populaire de Chine (RPC), qui a néanmoins réalisé des gains significatifs en influence régionale.
- La Marine américaine est encouragée à systématiser et à pérenniser sa diplomatie sportive, notamment par le rugby, afin de concurrencer la RPC dans cette région stratégique.
- Aucun président américain n’a jamais visité un pays insulaire du Pacifique, contrastant avec les efforts du président Xi Jinping pour établir des liens bilatéraux.
La région du Pacifique Sud, composée de 14 pays, représente un enjeu géostratégique majeur. Bien que géographiquement modestes, ces nations disposent de zones économiques exclusives couvrant 20 % de la surface terrestre. Dans ce contexte, la présence américaine s’est manifestée de manière sporadique, notamment à travers des interactions diplomatiques sportives ponctuelles et des visites de navires. L’article suggère que ces efforts devraient être plus structurés et constants pour maintenir une présence significative face à l’avancée de la Chine.
L’absence de visites présidentielles américaines dans les îles du Pacifique est soulignée, contrastant avec l’attention que leur porte la Chine. Le président Xi Jinping a effectué des visites dans des pays comme la Papouasie-Nouvelle-Guinée et les Fidji, et a accueilli de nombreux dirigeants à Pékin. L’auteur propose que la diplomatie sportive, par le biais de matchs de rugby réguliers, puisse créer des événements médiatisés et attirer l’attention des populations locales, servant ainsi de tremplin pour des rencontres de haut niveau.
La diplomatie sportive est présentée comme une méthode efficace pour tisser des liens et favoriser la compréhension mutuelle. Le rugby, sport populaire dans le Pacifique Sud, offre une opportunité unique à la Marine américaine de s’engager avec les communautés locales. L’Académie navale américaine (USNA) a d’ailleurs mené une tournée de diplomatie rugby dans les îles du Pacifique en 2024, visitant les Fidji, les Samoa et les Tonga. L’article suggère de renforcer ces initiatives, notamment en invitant des équipes insulaires à participer à des événements aux États-Unis, à l’instar du week-end annuel de rugby de Las Vegas.
Il est également suggéré que les marins américains d’origine insulaire du Pacifique puissent être envoyés en mission pour assister à des matchs dans leurs pays d’origine, favorisant ainsi une connexion plus profonde avec les populations locales. Des initiatives similaires sont déjà mises en œuvre par la Marine royale néo-zélandaise, qui envoie des marins d’origine insulaire pour visiter leurs îles lors de commémorations militaires.
L’article fait référence à l’intérêt du président Trump pour les événements sportifs majeurs, tels que l’accueil des Jeux Olympiques et de la Coupe du Monde. Les matchs de rugby de la Marine avec les équipes du Pacifique Sud sont présentés comme une occasion de créer des événements à forte visibilité, permettant à l’administration américaine de s’engager avec des dirigeants de nations vitales pour les intérêts américains. Contrairement à la Chine qui peut financer des infrastructures, la Marine américaine, par ses équipes de rugby, est déjà engagée dans une compétition sportive, démontrant ainsi sa présence et servant les intérêts régionaux.
Le commandant Jason Lancaster est un officier de guerre de surface. Il a servi à la mer sur des destroyers, des navires amphibies et au sein d’un escadron de destroyers. À terre, il a été instructeur à la Surface Warfare Officers School, au N5 du Commander, Naval Forces Korea, et au Opnav N5. Il est actuellement officier des opérations pour le Joint J-7 Joint Deployment Training Center. Il est titulaire d’un master du National War College et de l’Université de Tulsa, et a terminé ses études de premier cycle au Mary Washington College.
Découvrez plus du Center for International Maritime Security
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.