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Russie, Inflation | La Russie est en difficulté financière : – Les entreprises se plaignent

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Publié le 2025-11-04 07:43:00. La Banque centrale de Russie a récemment abaissé son taux d’intérêt directeur, une mesure jugée symbolique par certains observateurs. Cette décision intervient dans un contexte de critiques persistantes des milieux économiques russes concernant le coût élevé de l’emprunt.

  • La banque centrale russe a réduit son taux directeur de 17 % à 16,5 %.
  • Cette baisse est qualifiée de « symbolique » et « forcée » par le journal indépendant *Moscow Times*.
  • Les milieux d’affaires russes jugent les taux d’intérêt toujours trop élevés.

La Banque centrale de Russie a opéré une légère baisse de son taux d’intérêt directeur, le faisant passer de 17 % à 16,5 %. Malgré cette diminution, les taux d’intérêt restent à un niveau considéré comme extrêmement élevé par les acteurs économiques russes. Le journal indépendant *Moscow Times* a qualifié cette décision de « symbolique » et « forcée », suggérant une possible influence du Kremlin.

« La Banque centrale réduit probablement le taux d’intérêt directeur pour stimuler l’activité économique et alléger le fardeau des entreprises, caractérisé par des coûts d’emprunt très élevés », explique Julie Udal, chercheuse au FFI (Institut norvégien des affaires étrangères). « Les entreprises se plaignent beaucoup des taux d’intérêt élevés et souhaitent un taux directeur bien inférieur à 16,5 %. Il y a donc une pression de ce côté-là », ajoute-t-elle.

Le *Moscow Times* va plus loin en émettant l’hypothèse que la banque centrale russe serait en train de perdre son indépendance. « L’année dernière, il y a eu plusieurs cas où la banque centrale a pris des décisions en matière de taux d’intérêt qui s’écartaient quelque peu des attentes du marché. Cela pourrait indiquer que la banque centrale a commencé à perdre une partie de son indépendance », estime Julie Udal, tout en précisant qu’il est difficile d’en être certain.

Des journaux plus proches du pouvoir, tels que *Moskovski Komsomolets*, adoptent également une rhétorique plus critique. Le journal écrit : « Cette réduction ne facilitera pas la vie des Russes. Elle ne changera pas la vie des Russes demain, mais elle indique que l’économie a pris un peu plus d’air, ne serait-ce qu’un peu. » Un message similaire est relayé par *Nezavisimaya Gazeta*, qui affirme : « L’industrie russe est au bord de l’effondrement. Le fardeau des remboursements de prêts atteint de nouveaux sommets. »

Des critiques persistantes

Bien que la banque centrale russe ait progressivement abaissé son taux directeur depuis juin, où il atteignait 21 %, une partie significative de la société russe estime que ces baisses sont encore trop timides. « Les milieux d’affaires et les hommes politiques russes se plaignent depuis longtemps », rappelle Julie Udal. « La gouverneure de la Banque centrale, Elvira Nabioullina, a d’ailleurs dû expliquer à maintes reprises pourquoi la banque centrale gouverne selon un objectif d’inflation, et elle s’est présentée à plusieurs reprises devant la Douma pour expliquer l’importance de poursuivre une politique monétaire restrictive. »

La chercheuse souligne que la banque centrale russe est confrontée à un exercice d’équilibrage complexe. « La décision sur les taux d’intérêt apparaît comme une sorte de compromis : la banque centrale assouplit quelque peu, mais ne veut pas trop assouplir. Ils craignent que l’inflation ne devienne pas incontrôlable et continuent de se diriger vers l’objectif d’inflation de 4 %, même s’il semble désormais qu’il leur faudra encore un peu plus de temps pour y parvenir », explique-t-elle.

Quant à savoir si une baisse de 0,5 point de pourcentage est suffisante pour satisfaire les entreprises, Julie Udal estime que le monde des affaires n’est probablement pas pleinement satisfait d’un taux directeur de 16,5 %. « Mais il est au moins inférieur aux 21 % enregistrés plus tôt cette année », nuance-t-elle. Les entreprises indiquent qu’elles taillent dans les dépenses, réduisent leurs investissements, et que la situation engendre beaucoup d’incertitude et d’imprévisibilité, comme le rapporte le journal économique russe *Kommersant*.

Une inflation sous surveillance

La principale préoccupation de la banque centrale est d’éviter une flambée de l’inflation. « De nombreux analystes s’attendaient à ce qu’ils ne réduisent pas du tout les taux d’intérêt cette fois-ci, car plusieurs facteurs susceptibles de stimuler l’inflation sont apparus », explique Julie Udal. Elle cite notamment l’augmentation du déficit budgétaire, la hausse des prix de l’essence, ainsi que les hausses d’impôts, en particulier l’augmentation prévue de la TVA.

La banque centrale a d’ailleurs revu à la hausse ses prévisions d’inflation pour l’année prochaine, anticipant un niveau légèrement supérieur aux estimations précédentes. Selon *Politico*, il est inhabituel qu’une banque centrale abaisse son taux directeur tout en revoyant à la hausse ses perspectives d’inflation, car des taux d’intérêt plus bas sont généralement associés à une inflation plus forte, et la stabilité des prix est une mission fondamentale de la banque centrale.

« Mais pour inverser un peu la situation, le problème n’est pas que le taux d’intérêt soit élevé », affirme Julie Udal. « Le problème est que les autorités russes ont engagé ces dernières années des dépenses massives liées à la guerre, ce qui a contribué à une inflation aussi élevée. Les politiciens et les chefs d’entreprise devraient donc se plaindre strictement du régime plutôt que de la banque centrale », conclut-elle.

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